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En direct du monde. Banksy ouvre un hôtel à Bethléem avec vue sur le mur de séparation

En Cisjordanie, le célèbre street-artiste Banksy ouvre un hôtel donnant sur le mur de séparation. Un établissement qui provoque la polémique. 

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Marine VlahovicfranceinfoRadio France

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Le \"Walled Off Hotel\" de l\'artiste Bansky, construit à l\'ombre du mur de séparation, en Cisjordanie (mars 2017). 
Le "Walled Off Hotel" de l'artiste Bansky, construit à l'ombre du mur de séparation, en Cisjordanie (mars 2017).  (Marine Vlahovic / Radio France)

À Bethléem, le street-artiste renommé Banksy ouvre un hôtel à l'ombre du mur de séparation, côté palestinien. Après avoir créé un parc d'attractions déjanté à Bristol, en 2015, l’artiste de rue britannique a décidé cette fois de frapper au Proche-Orient, plus précisément à Bethléem. Au début des années 2000, la ville natale du Christ avait été rendue tristement célèbre par la barrière de séparation érigée par les Israéliens.

Impossible, lorsque l’on se rend à Bethléem, de manquer ce mur, littéralement collé à la ville. Or, c'est à quatre mètres seulement de ces grands blocs de béton, ornés de graffitis, que Banksy a choisi d’ouvrir son "Walled Off Hotel", l’hôtel coupé par le mur. Le projet a pris forme à proximité de miradors et d’un des plus grands "checkpoints" de Cisjordanie. En réalité, les neuf chambres offrent une vue imprenable sur le conflit israélo-palestinien. Une singularité assumée par Banksy. 

La vue depuis les chambres est affreuse

Wissam Salsaa, gérant du "Walled Off Hotel"

"C'est la pire vue que l'on puisse avoir dans le monde entier, mais c'est cela je pense qui rend cet hôtel intéressant et particulier", souligne le gérant de l'hôtel, Wissam Salaa, parlant au nom de l'artiste. 

Une œuvre entre cynisme et poésie

L’objectif de Banksy est justement pas de ne pas nous faire rêver. Il est d'attirer les touristes, pour leur faire découvrir la réalité du conflit, tout en les plongeant dans un bain artistique. Car il s’agit d’une œuvre d’art grandeur nature, un vrai petit bijou de poésie mais aussi de cynisme.

Aux murs du salon, des caméras de vidéosurveillance ont remplacé les traditionnels trophées de chasse. Dans les chambres décorées avec soin, on découvre des tableaux ou des pochoirs orignaux du street-artiste Au-dessus d’un lit, par exemple, on voit un soldat israélien et un palestinien se battre... à coups d’oreillers.

Une chambre du \"Walled Off Hotel\" de Bansky ouvert à Bethléem, en Cisjordanie (mars 2017). 
Une chambre du "Walled Off Hotel" de Bansky ouvert à Bethléem, en Cisjordanie (mars 2017).  (Marine Vlahovic / Radio France)

Un hôtel controversé

Malgré ces pointes d’humour, l’hôtel de Banksy est déjà sujet à polémique. Certains Palestiniens dénoncent une récupération de ce qu’ils nomment "le mur de la honte", à des fins commerciales. De plus, l’hôtel est situé en zone C, c’est-à-dire sous le contrôle exclusif de l'armée israélienne. Les citoyens israéliens peuvent donc s'y rendre en toute légalité. Ils y sont même cordialement invités par l’artiste.

Certains habitants de Bethléem, comme Hamza, grincent des dents. "Si les Israéliens viennent dans cet hôtel cela veut dire qu’ils veulent voir comment les Palestiniens vivent, dénonce Hamza Darech. Et si ça les intéressent vraiment, ils n’ont qu’à se rendre dans les territoires occupés, mais aussi se révolter contre les mesures prises par leur gouvernement."

L’histoire ne dit pas encore si des Israéliens viendront effectivement dormir à l’ombre du mur de séparation. Les réservations ouvrent samedi 11 mars 2017, et l’hôtel accueillera ses premiers clients le 20 mars.

Le \"Walled Off Hotel\" de l\'artiste Bansky, construit à l\'ombre du mur de séparation, en Cisjordanie (mars 2017). 
Le "Walled Off Hotel" de l'artiste Bansky, construit à l'ombre du mur de séparation, en Cisjordanie (mars 2017).  (Marine Vlahovic / Radio France)