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En direct du monde. Aux Etats-Unis, les lésions laissées par des chocs au football américain clairement identifiées

Le football américain reprend ses droits, jeudi, avec le premier match de la pré-saison, entre les Cowboys du Texas et les Cardinals de l'Arizona. Les chocs entre joueurs peuvent avoir de lourdes conséquences.

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Marco WolterfranceinfoRadio France

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Deshaun Watson , joueur de football américain dans l\'équipe des Texans de Houston, équipé d\'un casque de protection.
Deshaun Watson , joueur de football américain dans l'équipe des Texans de Houston, équipé d'un casque de protection. (ANDY LYONS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les derniers résultats d’une étude sans précédent publiés la semaine dernière démontrent les graves conséquences des chocs à répétition sur les cerveaux des joueurs de football américain. On a tous en tête les tenues de gladiateurs, les casques, la puissance physique de ces athlètes. Et quand les uns tentent de franchir les lignes de défense adverses pour aller marquer des points, ça fait très mal. Certains joueurs subissent le même choc que s’ils venaient s’encastrer dans un mur en roulant à 50 km/h.


L’étude conduite par la chercheuse Ann Mckee de Boston a analysé, post mortem, exactement 111 cerveaux d’anciens joueurs de la NFL, la ligue professionnelle. Résultat :  sur 111, 110 cerveaux souffraient d’ETC, d’encéphalopathie traumatique chronique. C’est une maladie qui peut entraîner la perte de mémoire, des dépressions, de la démence. Elle affecte des parties du cerveau responsables du contrôle des émotions, du raisonnement. Au point que des joueurs retraités finissent par se suicider, parce qu’ils ne supportent plus ces troubles, se retrouvent isolés, prennent trop de médicament antidouleur, ou ont tout simplement perdu la raison.

La pratique de  ce sport continue comme si de rien n’était 

Peut-être que  ça va changer un jour. Il y a des parents qui se demandent s’ils doivent laisser leurs enfants jouer au football. Pour le moment, c’est le sport au Etats-Unis. Dans les High School, donc à partir du collège en France, il y a plus d’un million de joueurs. C’est plus que pour le basket.
Les règles ont été revues pour éviter par exemple les chocs casque contre casque. À la NFL, on a même reconnu le problème de l’ETC et la ligue a indemnisé des milliers de familles de victimes de pathologies au cerveau. Mais la culture de ce sport, sa portée sociale, les salaires mirobolants, ne changent pas.


Certains jeunes le voient comme leur seule chance de s’en sortir. Dans une série documentaire sur le College football, Last Chance U, on retrouve ce sujet des commotions cérébrales dans la dernière saison. Un joueur est obligé de sortir du terrain après un impact, totalement désorienté. Puis l’un des médecins du staff explique que les joueurs refusent généralement d’avouer qu’ils se sentent mal, parce qu’ils estiment qu’à chaque match, c’est leur carrière qui est en jeu.

Deshaun Watson , joueur de football américain dans l\'équipe des Texans de Houston, équipé d\'un casque de protection.
Deshaun Watson , joueur de football américain dans l'équipe des Texans de Houston, équipé d'un casque de protection. (ANDY LYONS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)