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En direct du monde. Au Maroc, une police de l'environnement traque les pollueurs

Le Maroc se rappelle qu'il a organisé la COP22, il y a quelques mois. Ce sommet sur le climat a eu des conséquences pour la protection de l'environnement et contre la pollution de ce pays. Une police de l'environnement existe dorénavant..

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Joan LonguépéeAlexis MorelRadio France

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Des sacs en plastique dans la région de Taroudant, au Maroc.
Des sacs en plastique dans la région de Taroudant, au Maroc. (FRANK RUMPENHORST / DPA)

Le Maroc a organisé en novembre dernier la COP22 à Marrakech. Comme la France pour la COP21, le pays garde pendant un an la présidence de la COP, la conférence internationale sur le climat sous l'égide des Nations unies. Et il continue à prendre des mesures en matière de protection de l’environnement. La dernière en date : l’installation d’une police de l’environnement. La première unité a été présentée le 25 février à Rabat, la capitale.

Une présentation en grande pompe, en présence de la ministre chargée de l’Environnement, de la première promotion d’inspecteurs. Ils sont 40 pour le moment. Ils seront bien visibles, dans leurs voitures noir et vert, toutes neuves, siglées en français et en arabe : "police de l’environnement".

Opération "zéro mika" : le Maroc interdit les sacs en plastique

Cette police spécifique était en fait prévue de longue date. Un décret de 2005 la charge de contrôler, constater, verbaliser les infractions aux différentes lois sur l’environnement : loi de protection de l’environnement, sur les études d’impacts environnementaux, contre la pollution de l’air ou encore sur la gestion des déchets. Concrètement, ça veut dire par exemple que ces "policiers verts", spécifiquement formés, devront contrôler les décharges, les stations d’épuration des eaux usées ou encore le transport des déchets dangereux. Ils pourront aussi renforcer les capacités des autres agents et coordonner des opérations d’inspection.

Comme en France, les sacs plastiques sont interdits au Maroc, depuis juillet dernier. C’est l’opération "zéro mika" (plastique, en arabe). En six mois, plus de 1 500 opérations de contrôles de leur production ont été faites, 9 000 infractions sur les marchés de vente constatées et 19 tonnes saisies lors de contrôles aux frontières. Cette unité environnement ne travaillera pas toute seule mais en collaboration avec la police, la gendarmerie ou le ministère de la Justice.

Faire respecter toutes les règles concernant l’environnement

Certaines associations de défense de l’environnement sont inquiètes par le nombre de règles à respecter. Elles expliquent que le Maroc a signé beaucoup de textes en la matière mais que le problème reste trop souvent leur application. Certains rappellent aussi les expériences peu convaincantes des brigades locales, lancées dans des grandes villes comme Casablanca ou Rabat

On voit ici les difficultés à faire respecter par exemple les normes sur l’efficacité énergétique qui sont pourtant strictes. N’empêche que nombre de nouvelles constructions restent des passoires énergétiques. Même problème du côté des déchets dont une grande majorité est toujours envoyée dans des décharges sauvages.

Ces policiers verts ne devraient donc pas s’ennuyer. Le décret sur la police de l’Environnement prévoit une base de données recensant toutes les opérations et un bilan annuel. Rendez-vous dans un an pour faire le point sur son efficacité.

Des sacs en plastique dans la région de Taroudant, au Maroc.
Des sacs en plastique dans la région de Taroudant, au Maroc. (FRANK RUMPENHORST / DPA)