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En direct du monde. Au Brésil, des manifestations ont lieu pour le maintien de l'avortement

Le Congrès brésilien va présenter un amendement à la Constitution qui proclame que le droit à la vie est  "inviolable dès la conception". Les réactions ne se sont pas faites attendre.

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Manifestation à Rio de Janeiro (Brésil), le 13 novembre 2017, pour le maintien du droit à  l\'avortement.
Manifestation à Rio de Janeiro (Brésil), le 13 novembre 2017, pour le maintien du droit à  l'avortement. (MAURO PIMENTEL / AFP)

Au Brésil, les femmes sont descendues en masse dans les rues d’une trentaine de villes pour s’opposer une fois de plus à des députés, hommes et évangéliques pour la plupart, qui vont présenter au Congrès un amendement à la Constitution qui proclame que le droit à la vie est  "inviolable dès la conception".

L’avortement est illégal au Brésil sauf dans trois cas : en cas de grossesse issue d’un viol, en cas de danger vital pour la mère et si le fœtus est atteint d’anencéphalie (absence de cerveau). Cet amendement supprimera donc ces trois cas, une nouvelle régression pour les Brésiliennes qui comptent poursuivre les protestations. On s’éloigne donc toujours plus du droit à l’avortement au Brésil. 

C’est d’autant plus regrettable que les avortements clandestins sont toujours aussi nombreux. Selon une étude réalisée en 2016, près d’un million de Brésiliennes ont recours chaque année à l’avortement. Dans de bonnes conditions pour celles qui peuvent payer environ 1 000 euros et dans de mauvaises voire de très mauvaises conditions pour les moins favorisées. C’est donc un enjeu de santé publique mais qui est traité au Brésil à partir de critères religieux qui nient complètement la situation sociale des femmes. 

17 députés hommes ont voté pour 

C’est en réalité une énième manœuvre du groupe parlementaire évangélique qui sait très bien poser ses pions dans les commissions parlementaires qui travaillent sur les sujets qui les intéressent. Tout ce qui à voir de près ou de loin avec les femmes est un thème majeur chez les évangéliques. Au départ, cette commission ne devait décider que du congé maternité pour les femmes ayant accouché de bébés prématurés. Et comme ils étaient majoritaires dans cette commission, ils en ont profité pour ajouter un gros paragraphe sur l’avortement. Cet amendement pourrait passer en plénière. Les femmes ne souhaitent pas prendre le risque.

Un forte poussée conservatrice

Depuis quelques mois on assiste à des manifestations très conservatrices dans le pays. Une exposition d’art dénommée Queermuseum a dû fermer après des démonstrations très violentes de groupes conservateurs. Ces mêmes groupes s’en sont pris il y a une semaine à la philosophe américaine Judith Butler qui venait donner une conférence sur la question du genre à Sao Paulo. La conférence a bien eu lieu mais sous forte protection policière. Autre exemple, la mairie de Rio, dirigée par un évangélique, qui a refusé de financer la Gay Pride cette année comme elle l’a toujours fait.

L’ambiance n’est pas vraiment à une avancée des droits, quels qu’ils soient. Reste que les manifestations sont importantes et que les députés ne prendront peut-être pas le risque, à un an des prochaines élections présidentielles et législatives, de perdre le vote féminin.

Manifestation à Rio de Janeiro (Brésil), le 13 novembre 2017, pour le maintien du droit à  l\'avortement.
Manifestation à Rio de Janeiro (Brésil), le 13 novembre 2017, pour le maintien du droit à  l'avortement. (MAURO PIMENTEL / AFP)