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En direct du monde. Au Brésil, des lâchers de moustiques génétiquement modifiés pour limiter la propagation des virus

Des millions de ces moustiques ont commencé à être lâchés à Rio de Janeiro pour limiter la propagation de la dengue, du Zika et du chikungunya.

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Marie NaudascherfranceinfoRadio France

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Une biologiste brésilienne manipule des larves de moustiques génétiquement modifiés, à Rio de Janeiro, le 29 août 2017.
Une biologiste brésilienne manipule des larves de moustiques génétiquement modifiés, à Rio de Janeiro, le 29 août 2017. (APU GOMES / AFP)

Au Brésil, des millions de moustiques génétiquement modifiés ont commencé à être lâchés à Rio de Janeiro pour limiter la propagation des virus de la dengue, du Zika et du chikungunya.

Des tubes à essai contenant une centaines de moustiques Aedes aegypti, produits en laboratoire et porteurs de la bactérie wolbachia, commune chez les papillons, les libellules ou les araignées, ont été ouverts dans la zone nord de Rio. Ainsi, les insectes vont se reproduire dans la nature, mais sans transmettre les virus. Ces derniers vont donc, peu à peu, disparaître. Ce sont des moustiques inoffensifs pour l'homme, en quelque sorte. Le laboratoire produit chaque semaine 1,5 million de ces moustiques, à partir de larves importées d'Australie, le pays qui pilote ce programme baptisé "Éliminer la dengue".  

Objectif : éviter les cas de microcéphalies

Il s'agit d'éliminer la dengue, mais pas seulement. On se souvient que le virus Zika avait placé le Brésil en état d’alerte à l'été 2016 juste avant les Jeux olympiques de Rio, l'arrivée d'athlètes du monde entier et de milliers de touristes. Mais comme l'événement s'est déroulé en hiver pour l’hémisphère Sud, ce n’était plus la saison des moustiques.

En réalité, ce qui avait surtout inquiété à l'époque, c'étaient les naissances, six mois plus tôt, d’enfants souffrant de microcéphalie, surtout dans le Nordeste, une des régions les plus pauvres du Brésil. Piquées par le moustique pendant leur grossesse, les mères découvraient à la naissance le handicap de leur nouveau-né. La panique s’est emparée de la population. Aujourd’hui, plus personne ne parle de ces enfants. Selon les autorités, 2 700 bébés sont nés avec des toutes petites têtes, conséquences du virus Zika. Zika n’a pas disparu, mais on en parle moins. Entre janvier et mai 2017, 9 000 brésiliens ont attrapé le virus et plus de 220 000 personnes ont été touchées par la dengue ou le chikungunya. Ces trois maladies sont transmises par le même moustique.

Aucun risque sanitaire

Cette nouvelle méthode ne présente aucun risque sanitaire pour la population. Pour l'instant, deux millions et demi de personnes sont concernées par les zones où ont été lâchées les moustiques. D'ici un an, on en comptera six millions. Ce n’est pas le premier lâcher de moustiques. En 2014, une première expérience avait eu lieu à Niteroi, de l’autre côté de la baie de Rio de Janeiro. Les chercheurs vont observer le résultat sur cinq années, la durée moyenne pour estimer l’efficacité de cette méthode. Son succès dépend aussi de plusieurs facteurs comme la température et l’humidité qui favorisent la reproduction des moustiques.

En attendant, les campagnes de sensibilisation continuent. Il faut éliminer les foyers de reproduction du moustique chez les habitants, comme l'eau stagnante dans les plantes, les bouteilles ou les pneus abandonnés dans les décharges. Les réflexes de prévention restent les meilleurs alliés de la lutte contre ces virus, mais les mauvaises conditions sanitaires dans les quartiers populaires ou les favelas sont évidemment des chantiers que les habitants ne peuvent pas entreprendre.

Une biologiste brésilienne manipule des larves de moustiques génétiquement modifiés, à Rio de Janeiro, le 29 août 2017.
Une biologiste brésilienne manipule des larves de moustiques génétiquement modifiés, à Rio de Janeiro, le 29 août 2017. (APU GOMES / AFP)