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C'était comment ? Le salon Emmaüs, "the place to be"

Le salon Emmaüs se tient dimanche 25 juin à Paris. Dans le 19e arrondissement de la capitale, les équipes Emmaüs se préparent. Nathalie Bourrus y était.

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Le centre Emmaüs Défi, à Paris (19e), en 2012.
Le centre Emmaüs Défi, à Paris (19e), en 2012. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

C’était… un moment de grâce. Pourtant quand vous arrivez dans la boutique Emmaüs Défi, l’accueil peut paraître étrange. Le vigile a le regard sévère… l’homme est nerveux, très nerveux.

"Attendez, ne bougez pas", me dit-il, sèchement.

Immédiatement, une jeune femme arrive, le calme, d’un seul regard, et m’emmène. Bienvenue chez Emmaüs, où les salariés, sont en insertion. Et où la bienveillance est de rigueur.

"Suivez-moi ", me dit gentiment Manon, l’attaché de presse.

"Là, c’est le coin des vêtements."

Moi : "Et des chaussures… mais elles sont super belles !  Et propres."

Elle : "Ah oui, on ne vend pas de choses en mauvais état."

Moi (qui ne perd pas le nord) : "Celles-ci, elles sont à combien ?"

Elle me sourit : "Je ne sais pas bien… en général, c’est entre 2 et 15 euros… mais au salon, dimanche, il n’y aura pas de chaussures."

Moi : "Ah mince, dommage."

Elle : "Mais il y aura des maillots de bain à 1 euro… venez, on va au coin des chineurs, il y a des choses super."

"Ici, c'est vrai"

On passe par le grand salon… une pièce immense ou se côtoient canapés, et petites tables. Puis, le fameux coin des chineurs. Maxime, l’encadrant (selon le langage Emmaüs), est là. "Les antiquaires parisiens se ruent ici le samedi matin ! Il y a de belles pièces, à des prix record."

Moi : "Et vous, comment vous êtes arrivé là ?"

Lui : "Par hasard… J’ai démarré par l’humanitaire… mais sur le terrain je ne me sentais pas légitime de décider ce qu’il fallait faire dans des pays étrangers. Ici, c’est pas pareil."

Moi : "Justement, c’est comment ici ?"

"C’est… vrai. On tisse un lien réel avec les salariés, on doit le faire, car s’ils n’ont pas confiance ils ne peuvent pas se réinsérer en travaillant."

Moi : "Oui, mais parfois j’imagine que ça ne marche pas."

Lui : "C’est vrai. Mais ici, on mise sur le temps."

Le temps… tout ce qui manque… Mais où suis-je ? Dans un moment de grâce. Chez Emmaüs, on ne feinte pas avec la vie.

Manon m’emmené au rayon tri. Un homme ôte une à une les petites bouloches sur des pulls signés le Comptoir des cotonniers. "J’ai longtemps vécu dans la rue, me dit-il, puis, j’ai fait venir ma famille… Dans mon pays je gagne 7 euros par jour… ici, 800 euros par mois, j’ai une vraie vie."

On termine au quartier couture. Et je vous l’assure, les boutiques vintage de bobos, n’ont qu’à bien se tenir. Derrière des grandes verrières, des petites mains magiques fabriquent des coussins très tendance. Comme quoi, avec un peu de bienveillance et pas mal de patience, on peut être pauvres, et en avoir plein la tête.

Le centre Emmaüs Défi, à Paris (19e), en 2012.
Le centre Emmaüs Défi, à Paris (19e), en 2012. (JACQUES DEMARTHON / AFP)