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Les services à la personne freinés par les difficultés à recruter

Un employeur qui propose 150 CDI à temps plein, avec une voiture de fonction mise à disposition… et qui n’arrive à attirer que 80 candidats. C’est dans le secteur des services à la personne que ça se passe. Un exemple qui reflète bien les difficultés à recruter des entreprises du secteur.

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Philippe DuportRadio France

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Cet employeur malheureux, c’est le leader des services à la personne en France. Il recherchait des aides ménagères. Des femmes de ménage pour faire simple. Et six mois après avoir lancé son appel à candidatures, il n’en était qu’à 85 candidats intéressés pour les 150 postes proposés. Idem pour les gardes d’enfants. Il lui en a manqué 500 pour la dernière rentrée. La difficulté à recruter est chronique dans ce secteur. Plus d’un recrutement sur deux est considéré comme difficile. Près de neuf chef d’entreprise sur dix déclarent rencontrer des difficultés à embaucher.

Plusieurs explications à ça. D’abord ce sont souvent des contrats avec un faible volumes d’heures. Garde d’enfants, c’est souvent un métier de complément. Et le système des seuils fait qu’on a souvent pas intérêt à travailler trop parce que sinon on perd des aides locales, comme les transports gratuits ou les aides au logement. Du coup, beaucoup préfèrent travailler mi déclaré mi au noir. C’est ce que l’on appelle le travail "gris". Les premiers concurrents des entreprises de service à la personne, ce sont ces travailleurs, employés par des particulier "en direct", qui naviguent entre le noir et le déclaré.

Et pourtant, les services à la personne, c’est un gros potentiel d’emploi

Les entreprises de ce secteur, qui tiennent 15% du marché, disent qu’il y a un potentiel de 100.000 emplois. Rien qu’au Salon des services à la personne, qui se tient à partir de demain et jusqu’à jeudi à la porte de Versailles à Paris, on va proposer entre 4 et 5.000 postes. Les services à la personne, vous le savez, c’est de la garde d’enfants, de l’aide au seniors, du ménage, du jardinage. Des boulots qui n’attirent pas les jeunes… d’autant qu’il n’y a pas de vraies formations qui donneraient des diplômes et qui permettraient d’évoluer. C’est ce que demandent la profession : que l’Etat mettent en place des filières de formation pour valoriser ces métiers.

Des professions qui ne peuvent que se développer - notamment parce que la population vieillit et que le travail des femmes est toujours aussi important - mais qui sont freinées dans leur expansion par ces difficultés à recruter. Le même leader du marché me disait qu’il était en forte croissance : + 15% par an. Mais que s’il arrivait à embaucher autant qu’il le voudrait, c’est sept à huit points de croissance en plus qu’il pourrait réaliser.

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