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C'est mon boulot. Les "escape games", une nouvelle méthode de recrutement

C'est la dernière tendance pour recruter : les escape games. Jeudi 29 juin, à Paris, plusieurs candidats participeront à ce jeu dans lequel il faut résoudre une énigme pour se libérer. Ils espèrent ainsi se faire embaucher par un assureur.

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franceinfoPhilippe DuportRadio France

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Des salariés participent à un escape game, ici à Francfort. Photo d\'illustration.
Des salariés participent à un escape game, ici à Francfort. Photo d'illustration. (FRANK RUMPENHORST / DPA)

De plus en plus d'entreprises utilisent les escape games pour recruter des candidats. Ce jeu dans lequel il faut résoudre une énigme pour s'échapper d'une pièce fermée est de plus en plus à la mode. L'assureur Groupama compte ainsi faire le tri entre plusieurs candidats, jeudi 29 juin, à Paris. C'est la troisième fois que l'entreprise aura recours à un escape game pour recruter son personnel commercial.

Les six joueurs seront ainsi enfermés dans une pièce sombre, qu'on appelle une panic room. Le décor est un commissariat éclairé au néon, à Londres, dans les années 2000. On y trouve des stores poussiéreux, des ordinateurs agonisants et un mobilier métallique lourdingue. Un film est projeté dans lequel un flic anglais épuisé appelle les candidats à l'aide. Il faut mettre la main sur un tueur en série, grâce à des indices. Ils ont une heure pour élucider le mystère et peuvent suivre le décompte angoissant sur une horloge affichée au mur, qui égrène ses chiffres en rouge. Les candidats vont devoir résister au stress, s'organiser, collaborer et s'écouter.

Le jeu opère comme une pré-sélection

Parmi eux, un recruteur participe au jeu, incognito ou pas. Cela lui permet de choisir les candidats en fonction de leur comportement pendant l'escape game. Ainsi, l'un de ces recruteurs explique qu'à l'issue de l'une des sessions, il avait opté pour deux candidats qui s'étaient révélés au cours du jeu, l'un comme leader naturel, l'autre comme taiseux mais très réflechi. Quand il a découvert leurs CV après coup, il a été surpris. C'était des candidatures sans relief, qui n'auraient pas attiré son attention. En revanche, une personne s'est distinguée en voulant à tout prix imposer son opinion : elle a été éliminée par le recruteur.

Le recrutement n'est pas complètement basé sur l'escape game : le jeu opère comme une pré-sélection. Ensuite, les candidats passent un entretien de recrutement plus classique, avec CV et passage en revue des motivations. Le tutoiement adopté pendant le jeu perdure souvent. Pour l'assureur qui embauche, cette méthode est particulièrement bien adaptée au recrutement des salariés qui doivent être en contact avec la clientèle. Elle pourrait aussi permettre d'identifier des managers en puissance. Les escape games, apparus au Japon au début des années 2000, sont aussi de plus en plus utilisés pour renforcer la cohésion d'équipe. Les entreprises savent qu'en adoptant cette culture du jeu, elles ont du succès auprès des jeunes générations, bercées par la culture du jeu de rôle et du jeu vidéo.

Des salariés participent à un escape game, ici à Francfort. Photo d\'illustration.
Des salariés participent à un escape game, ici à Francfort. Photo d'illustration. (FRANK RUMPENHORST / DPA)