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C'est mon boulot. Le retour difficile à l'emploi après un cancer

385 000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chaque année en France. Parmi ces malades, de nombreux salariés. Une étude montre que les entreprises et l'État pourraient économiser beaucoup, si l'on aidait davantage les malades à reprendre leur travail.

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franceinfoPhilippe DuportRadio France

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Une séance de chimiothérapie à l\'hôpital Saint Vicent de Lille, en 2016. (Photo d\'illustration)
Une séance de chimiothérapie à l'hôpital Saint Vicent de Lille, en 2016. (Photo d'illustration) (BONNIERE PASCAL / MAXPPP)

Chaque année en France, 385 000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués, et parmi les personnes touchées, beaucoup travaillent. Le cancer impacte énormément la vie professionnelle, d'après une étude du cabinet Asterès, financée par l'association Cancer@work. L'arrivée de la maladie multiplie par trois la probabilité de perdre son emploi. Et elle réduit de 30% les chances d'en retrouver un.

En France, comme en Allemagne, on ne fait pas assez pour permettre aux malades de reprendre, même partiellement, leur travail, selon le cabinet Asterès. En cause, dans les deux pays, une protection sociale généreuse qui ne pousse pas à reprendre un emploi, mais aussi et surtout des dispositifs trop peu appliqués pour aménager le poste et les horaires. Or, il y aurait tout à gagner à favoriser le retour au travail. Pour le malade, mais également pour l'entreprise et pour l'État.

Enjeux financiers

Financièrement, les enjeux sont très importants. Les aménagements de poste et de temps de travail qui permettent au salarié de concilier traitement et emploi permettent de limiter les coûts liés à l’arrêt de travail. D'après l'étude du cabinet Asterès, ces coûts s’élèvent à 9 000 euros pour un arrêt de travail de 120 jours. L’entreprise a toujours intérêt à ce que le salarié retravaille, même de façon très partielle. Elle peut économiser en moyenne jusqu’à 5 000 euros par salarié et par an. Pour l’État, les économies générées sont comprises entre 74 et 490 millions d’euros par an ; 74 millions si les salariés en traitement travaillent seulement un tiers du temps. Et 490 millions, s’ils travaillent deux tiers du temps.

Enjeux humains

Il y a donc un volet financier, mais aussi un aspect humain. La poursuite d’une activité professionnelle pendant le traitement génère aussi de la richesse immatérielle. Elle est plus difficile à quantifier. Mais 41% des actifs malades estiment que le cancer a développé chez eux l’empathie et le sens des priorités. Et 88% d’entre eux pensent que cela a renforcé les liens dans l’équipe, et le sens de l’engagement. Sans compter que le retour à l’emploi, même à temps très partiel, est vu par les malades comme la reprise d’une vie normale et un élément important de leur guérison.

En bref

Le palmarès des pays pour lancer sa carrière. Ce sont Les Echos Start qui proposent ce dossier sur les dix destinations les plus ouvertes aux jeunes qui rêvent d’expatriation. Dans l'ordre, les pays les plus ouverts aux jeunes cadres sont le Danemark, la Norvège, le Costa Rica, la Suède et l'Autriche.

Une séance de chimiothérapie à l\'hôpital Saint Vicent de Lille, en 2016. (Photo d\'illustration)
Une séance de chimiothérapie à l'hôpital Saint Vicent de Lille, en 2016. (Photo d'illustration) (BONNIERE PASCAL / MAXPPP)