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C'est mon boulot. Le prêt de salarié

C'est une mesure des ordonnances Pénicaut sur le droit du travail, passée totalement inaperçue. Il va désormais être plus facile pour deux entreprises de se prêter des salariés. 

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Deux entrepreneurs se serrant la main.
Deux entrepreneurs se serrant la main. (ERIC AUDRAS / MAXPPP)

Emmanuel Macron soutient les startups et il a trouvé un nouveau moyen. Il souhaite favoriser le prêt de salariés, en permettant à des grands groupes de prêter facilement des collaborateurs à des startups. C’est déjà possible mais ça sera désormais plus facile. Mais quel est l'intérêt pour une grande entreprise de prêter ses salariés ? D'autant que c'est toujours elle qui paie le salaire. La startup qui accueille, elle, ne paie rien. C'est d'ailleurs ça la nouveauté de l'ordonnance. Elle permet la mise à disposition gratuite.

Permettre au salarié de se mettre à la page

Il y a des intérêts pour le grand groupe et le premier, c'est de permettre à certains de ses salariés de se mettre à la page. On peut dire aussi de "maintenir leur employabilité" pour faire savant. C'est concrètement se frotter aux nouvelles technologies, à une nouvelle organisation du travail, à la fameuse "agilité" des startups. Une directrice de marketing dans un grand groupe de cosmétique, qui reconnait que sa manière de travailler avait un peu besoin d'être "dépoussiérée", a été prêtée à une jeune pousse du e-commerce. Elle a découvert par exemple que plus personne n'utilisait le mail dans la startup, mais une messagerie instantanée. C’est bien plus efficace.

Son dépoussiérage numérique va bénéficier à son entreprise d'origine, parce que quand elle reviendra à son poste, elle aura absorbé toute cette culture digitale qui lui faisait défaut et elle pourra la répandre autour d'elle. C'est un moyen très efficace pour les grands groupes de réussir leur "mutation numérique", leur "transformation digitale". Les entreprises n'ont plus que ces mots-là à la bouche.

Nouer des partenariats stratégiques

Il y a un autre intérêt pour l’entreprise : faire du business, tout simplement. C'est ce que dit la loi d'habilitation qui a encadré les ordonnances. Aider une startup en lui fournissant gratuitement de la main d'œuvre, c'est tisser des liens entre les deux entreprises. Des liens qui feront des petits et qui bénéficieront à toute l'économie.

En bref : Près d'un cadre sur deux compte demander une augmentation cette année

L'Apec nous apprend que les cadres sont plus gourmands cette année que l'an dernier. Ils sont davantage à vouloir demander une augmentation, et pas moins de 35% à penser qu'ils l'obtiendront. La rémunération brute moyenne des cadres en France, fixe plus variable, s'élève à 56.000 euros pour 2017.

Deux entrepreneurs se serrant la main.
Deux entrepreneurs se serrant la main. (ERIC AUDRAS / MAXPPP)