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C'est mon boulot. L'entrée en vigueur d'un décret cet automne menacerait des emplois de plagistes

Toute la semaine gros plan sur les métiers de l’été. Mercredi, les métiers de la plage s'inquiètent de l'entrée en vigueur d'un décret qui, d'après les professionnels du secteur, menacerait 2 000 emplois.

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franceinfoPhilippe DuportRadio France

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Un plagiste sur la plage de Nice.
Un plagiste sur la plage de Nice. (MAXPPP)

Les métiers de la plage  s'inquiètent de l'entrée en vigueur d'un décret qui pèse sur eux. D'après les professionnels du secteur, 2 000 emplois seraient menacés. Par rapport à l'Italie, la France est un petit joueur en matière de plages privées. On n'en compte que 1 500, alors que chez nos voisins transalpins, il y en a 15 000, dix fois plus. Un tiers des plages privées françaises sont situées sur la Côte d'Azur. Mais elle génèrent un milliard d'euros de chiffre d'affaires et emploient environ 10 000 salariés : serveurs, cuisiniers, barmen et plagistes. C'est une partie de ces emplois qui sont menacés, prévient aujourd'hui l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui est vent debout contre un décret de 2006 qui doit entrer en vigueur ce automne.

Un décret mal perçu

Pour limiter le bétonnage des plages, le décret exige en premier lieu une réduction de la surface de plage que peuvent occuper les installations privées. On passerait de 30 à 20% sur les plages naturelles et de 75 à 50% pour les plages artificielles. Ensuite, le texte exige que les installations soient entièrement démontables à la fin de la saison. D'après Bernard Matarasso, le président des plagistes d'Antibes, le texte conduit à ce que les concessions soient deux fois plus petites et deux fois plus chères. Selon lui, de nombreux entrepreneurs vont purement et simplement mettre la clé sous la porte. Ils ne pourront pas faire face à ces nouveaux investissements pour un chiffre d'affaires qui sera mathématiquement réduit. Selon lui, la mesure menacerait 1 500 emplois directs et au moins 2 500 emplois indirects sur la Côte. Sans compter la disparition d'établissements pour certains ouverts depuis les années trente ou quarante.

Trois catégories de travailleurs de plage sont menacées. D'une part les saisonniers professionnels, qui alternent saison d'hiver à la montagne et saison d'été sur les plages. Ils constituent un quart des salariés, selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Vient ensuite un quart de locaux. Le reste, 50% des saisonniers, est constitué d'étudiants. Ils enchainent le plus souvent deux ou trois saisons. Frein à l'embauche pour eux : le logement. Des résidences pour les saisonniers sont parfois mis en place, comme à Juan-les-Pins.

De plus en plus, la maîtrise de plusieurs langues est demandée. Et le métier reste physique : de bon matin, avant l'arrivée des vacanciers, il faut remettre la plage en état à l'aide d'engins, installer le matériel et toute la journée louer des matelas et servir des boissons. Sur le sable, sous le soleil, mais pas du tout du farniente.

Pour en savoir plus sur ces métiers, rendez-vous sur le site du CIDJ.

Un plagiste sur la plage de Nice.
Un plagiste sur la plage de Nice. (MAXPPP)