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Que va apporter l’expédition "Under the pole" à la recherche ?

Les 12 explorateurs sont rentrés le week-end dernier à Concarneau, après presque deux ans passés sur la côte ouest du Groenland. Ils ont rapporté des centaines d’échantillons qui vont permettre l’avancée de nombreuses recherches scientifiques.

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(Nageurs sous la banquise © Under the pole)

L’une des principales recherches qui bénéficiera des échantillons rapportés par l’expédition est celle menée par un laboratoire danois sur la glace de mer. En effet, les scientifiques pensent qu’elle capte beaucoup de CO2 lorsqu’elle se forme. Elle le concentre et le transforme en saumure qui tombe ensuite au fond de l’océan.

La glace de mer jouerait donc un rôle aussi de puits de carbone comme les forêts et l’océan

Les explorateurs d’Under the pole ont fait plusieurs centaines de carottes de la glace de mer. Ils ont plongé plus de 400 fois pendant ces 21 mois sous la banquise, où ils ont aussi fait des prélèvements d’eau. Des échantillons précieux qui permettront aux scientifiques danois de dire peut-être combien de tonnes de CO2, un km2 de banquise permet de piéger. Ils pourraient sans doute faire une publication dans une revue scientifique comme Science ou Nature très prochainement.

Les plongeurs de l’expédition ont aussi collaboré avec le Muséum d’histoire naturelle et le laboratoire des sciences de l’environnement marin de Brest. Ils ont récolté des crinoïdes, des animaux marins en forme de fleur. Les scientifiques connaissent bien celles des autres océans mais pas celles de l’Arctique qu’il est plus rare d’aller chercher sauf si on aime la plongée sous la glace. Ils ont aussi rapporté des bivalves, sorte de coquillage qui fait des stries en fonction de sa croissance, comme les arbres. Un très bon marqueur de l’environnement. Ces coquillages gardent en eux des indices de la température de l’eau, de sa composition chimique. Avec ces indices les scientifiques vont pouvoir analyser les conséquences sur ce milieu extrêmement fragile d’une eau plus chaude avec moins de glace.

Chez les Inuits, une glace plus fragile, une banquise moins grande

Mais ces mois passés dans ce milieu hostile, où il fait nuit une bonne partie de l’hiver, où même l’intérieur du bateau s’est mis à geler, il faut les supporter pour pouvoir voir la beauté de ces paysages sous-marins avec une eau limpide et une faune unique. Mais les membres de l’expédition retiennent aussi les témoignages des Inuits qu’ils ont côtoyés là-bas. Une glace plus fragile, une banquise moins grande pour la chasse. Ils ne font pas forcément le lien avec les gaz à effet de serre.

Pour eux, c’est la nature qui change, et ils voient bien qu’elle change.

(Nageurs sous la banquise © Under the pole)