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C'est ma planète. Produire mieux, pour l'environnement et pour l'agriculteur

C'est l'un des débats des Etats généraux de l'alimentation et justement, des éleveurs laitiers ont participé à une étude sur le sujet menée par le Centre d'initiative pour valoriser l'agriculture et le milieu rural, et le WWF.

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franceinfoAnne-Laure BarralRadio France

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Une moissoneuse-batteuse et une remorque tirée par un tracteur dans la région de Rouperroux-le-Coquet (Sarthe).
Une moissoneuse-batteuse et une remorque tirée par un tracteur dans la région de Rouperroux-le-Coquet (Sarthe). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Il faut produire mieux pour l'environnement et pour l'agriculteur, voici l'un des débats des Etats généraux de l'alimentation et, justement, des éleveurs laitiers ont participé à une étude sur le sujet menée par le Centre d'initiative pour valoriser l'agriculture et le milieu rural, et le WWF.

C'est l'histoire de deux exploitations : l'une en Pays de la Loire et l'autre en Poitou-Charentes. L'une a 64 vaches laitières l'autre en a deux fois plus. Elle produit donc beaucoup plus de lait. Dans la première, l'éleveur emmène ses vaches aux pâturages huit mois par an alors que dans l'autre l'agriculteur préfère laisser ses bêtes à l'interieur et produire sur ses terres du maïs, qu'il revend en complément de son lait.

Pourtant les deux exploitants dégagent le même revenu alors que la plus petite exploitation touche deux fois moins de subvention publique que l'autre. En fait, l'exploitant fait beaucoup plus d'économies : il achète moins d'engrais, moins de pesticides, moins de nourriture pour ses animaux. Il travaille aussi moins la terre donc il n'a pas investi dans un tracteur ou une moissonneuse puisqu'il emmène ses vaches au pré. Cette comparaison, le CIVAM et le WWF l'ont étendu à 170 exploitations et ils ont trouvé qu'en moyenne une exploitation en maxi-pâturage dégageait 12 000 euros de résultat en plus.

Une facture en moins aussi pour l'environnement

Les exploitations durables divisent par trois leur facture d'intrants et aussi les pollutions dans les sols. Moins de machines agricoles c'est aussi moins de carburant pour les faire avancer c'est donc moins d'argent qui sort des caisses de l'exploitation et moins de particules pour la qualité de l'air. Enfin, entretenir des pâturages c'est capturer plus de CO2 dans les sols et cela réduit l'achat d'aliments comme du tourteau de soja ou de maïs qui déforestent massivement, notamment en Amazonie. Seul bémol : cela ne compense pas totalement tout le méthane que nos chères vaches émettent en ruminant.

"Small is beautifull"

Pour les associations comme le WWF ces exemples sur la production laitière servent à montrer que produire toujours plus ou faire grossir les exploitations n'est pas forcément un gage de meilleur revenu pour l'agriculteur. La valorisation des produits la rémunération du travail comptent davantage dans les exploitations mises en avant. Elles ont permis de dégager 24 % de richesses en plus que d'autres plus conventionnelles. Quand on sait que la moitié des agriculteurs français ont gagné moins de 350 euros par mois l'an dernier, les associations espèrent que cela poussera le changement de pratique, voire de philosophie. 

Une moissoneuse-batteuse et une remorque tirée par un tracteur dans la région de Rouperroux-le-Coquet (Sarthe).
Une moissoneuse-batteuse et une remorque tirée par un tracteur dans la région de Rouperroux-le-Coquet (Sarthe). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)