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C'est ma planète. La bataille du glyphosate reprend

La Commission européenne a relancé le débat cette semaine en proposant de nouveau d'autoriser la substance pour 10 ans. Le glyphosate, composant essentiel du Roundup, est toujours au cœur d'une polémique scientifique.

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franceinfoAnne-Laure BarralRadio France

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Manifestation de Greenpeace contre l\'utilisation du glyphosate à Bruxelles, le 8 février 2017.
Manifestation de Greenpeace contre l'utilisation du glyphosate à Bruxelles, le 8 février 2017. (OLIVIER HOSLET / EPA)

Le glyphosate, composant de l'herbicide Roundup, reste au cœur d'une polémique scientifique. La Commission européenne a relancé le débat  en proposant de nouveau de l'autoriser  pour 10 ans.

Depuis qu'il y a deux ans, le Centre international de recherche contre le cancer l'a classé comme cancérigène probable pour l'homme, les experts scientifiques se déchirent pour estimer le risque qu'il fait courir à notre santé. L'agence européenne de sécurité des aliments, l'EFSA a jugé ce risque improbable. Sauf que pour les élus européens qui doivent décider de sa réhomologation, il y a un doute.

L'an dernier lors d'un vote du comité technique des experts, les Etats membres n'ont pas réussi à se mettre d'accord. La France et Malte ont voté contre et sept autres pays, dont l'Allemagne, se sont abstenus. La Commission n'a pas pu réhomologuer le glyphosate pour 10 ans mais pour 18 mois, en attendant que son agence des produits chimiques, l'ECHA donne son avis. Un avis qu'elle a rendu au mois de mars et, comme l'EFSA, elle ne l'a pas jugé problématique. Du coup, la Commission européenne a remis le métier sur l'ouvrage cette semaine et propose d'autoriser le produit pour une décennie.

Une décision avant la fin de l'année

L'autorisation arrive à échéance en décembre prochain, mais la Commission veut aller vite pour réunir un nouveau comité d'experts des Etats membres. La France ne devrait pas changer de position. La fondation de Nicolas Hulot, nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, a fait campagne contre le glyphosate, mais l'expert envoyé par Paris dans ce comité dépend plutôt du ministère de l'Agriculture. La chose ne passera pas inaperçue parce que le parlement européen veut aussi s'en mêler. Même s'il a voté en faveur d'une réhomologation pour sept ans du glyphosate, les députés socialistes et démocrates demandent à la commission d'avoir accès aux détails de la dernière étude de l'agence des produits chimiques.

Pour ces députés, il n'est pas question de porter atteintes aux agences européennes mais de connaître la vérité pour assumer leur responsabilité de législateur. Quand d'autres députés du Parti populaire européen estiment que "même si le glyphosate suscite des inquiètudes il n'y a pas d'alternatives économiquement viable garantissant la protection de la santé humaine".

750 000 signatures contre le glyphosate

Les associations environnementales ont recueillis plus de 750 000 signatures pour interdire le glyphosate dans plus de sept pays européens. Une initiative citoyenne européenne qui, si elle atteint le million de signatures, peut pousser la Commission à rouvrir le débat. Mais ce n'est pas une obligation. Pour les associations, il serait scandaleux que l'Europe autorise de nouveau la substance active du Roundup sans tenir compte de l'avis de ces citoyens. Mais aujourd'hui, les pressions des industries chimiques, qui fabriquent cet herbicide, et des agriculteurs, qui en ont besoin, sont très fortes sur les gouvernements.

Manifestation de Greenpeace contre l\'utilisation du glyphosate à Bruxelles, le 8 février 2017.
Manifestation de Greenpeace contre l'utilisation du glyphosate à Bruxelles, le 8 février 2017. (OLIVIER HOSLET / EPA)