C'est ma planète, France info

C'est ma planète. Jouez au James Bond des fonds marins

Grâce à un projet de science participative lancée par l’Ifremer, le grand public va pouvoir aider les scientifiques à mieux connaître les espèces des grands fonds.

00:00-00:00

audio
vidéo
logo
franceinfoAnne-Laure BarralRadio France

Mis à jour le
publié le

Module d’observation TEMPO avec sa caméra, les quatre projecteurs et les sondes de mesures de température, oxygène et analyseur de fer. Ce module déployé sur le site actif Grotto de la dorsale Juan de Fuca filme un assemblage de vers tubicoles de l’espèce Ridgeia piscesae.
Module d’observation TEMPO avec sa caméra, les quatre projecteurs et les sondes de mesures de température, oxygène et analyseur de fer. Ce module déployé sur le site actif Grotto de la dorsale Juan de Fuca filme un assemblage de vers tubicoles de l’espèce Ridgeia piscesae. (CSSF/ IFREMER/ NEPTUNE)

Le principe est simple, vous vous créez un profil de joueur sur le site deepseaspy.ifremer.fr. Le site vous soumettra une image dans laquelle vous devrez reconnaître certaines espèces de crabes, de moules, de poissons, typiques des sources hydrothermales. Vous pourrez, avec votre souris, les annoter. Une fois le travail accompli, une nouvelle mission vous sera confiée. Il y a plus de 4 000 images à analyser, puisque l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) dispose de plus de 5 000 heures d’enregistrement.

Encore des secrets à découvrir

Le projet est rendu possible par des caméras installées près des sites hydrothermaux, au milieu de l'Atlantique, à un jour de bateau de l'archipel des Açores, et dans le Pacifique à 400 km de l'île de Vancouver. Elles ont été installées à 2 000 mètres de fonds en 2011 par l’Ifremer et l’Ocean Network Canada.

Ces observatoires filment régulièrement ce qui se passe au fond mais ils enregistrent aussi des données de température, de compositions chimiques de l'eau, de mouvement de marées. Cette zone des fonds marins est loin d'avoir révélé tous ses secrets.

Il y a 40 ans à peine, les océanographes découvraient qu'il y avait de la vie près de ces sources hydrothermales, alors qu'elles dégagent du méthane, du soufre, qu'elles font 400°C, qu'il y fait noir et que la pression est très forte. Pourtant, la vie s'y développe alors que l'on pensait ces zones désertiques.

La science participative

En participant à ce jeu, vous faites une partie du travail des scientifiques. Les chercheurs doivent parfois partir en mer des jours et des jours, plonger avec des robots, prélever des échantillons, mais une grosse partie de leur travail est aussi d'analyser ces données, d'en faire des statistiques, de les comparer à d'autres informations sur la température, par exemple.

L'idée est de confirmer la répartition de ces espèces, leur nombre aussi. Est ce qu'il y en a moins à certains moments qu'à d'autres ? Comment se reproduisent-elles ? Comment passent-elles d'une zone, où la température est de 50°C, à un secteur quelques centimètres plus loin, où l'eau est à 2°C ? Vous aidez les scientifiques en leur donnant un peu de votre temps.

Module d’observation TEMPO avec sa caméra, les quatre projecteurs et les sondes de mesures de température, oxygène et analyseur de fer. Ce module déployé sur le site actif Grotto de la dorsale Juan de Fuca filme un assemblage de vers tubicoles de l’espèce Ridgeia piscesae.
Module d’observation TEMPO avec sa caméra, les quatre projecteurs et les sondes de mesures de température, oxygène et analyseur de fer. Ce module déployé sur le site actif Grotto de la dorsale Juan de Fuca filme un assemblage de vers tubicoles de l’espèce Ridgeia piscesae. (CSSF/ IFREMER/ NEPTUNE)