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C'est ma planète. Comment mieux comprendre la formation des avalanches ?

Le phénomène des avalanches est très complexe et aujourd'hui les chercheurs doivent en plus faire face à de nouvelles données avec les changements climatiques.

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franceinfoAnne-Laure BarralRadio France

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Des patrouilleurs du domaine skiable de Tignes (Savoie), le 19 janvier 2011. (Photo d\'illustration)
Des patrouilleurs du domaine skiable de Tignes (Savoie), le 19 janvier 2011. (Photo d'illustration) (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Cela fait longtemps que l'on étudie les avalanches et pourtant elles n'ont pas encore dévoilé tous leurs secrets. Comment se forment les avalanches? Pourquoi elles se déclenchent en fonction de la lourdeur de la neige, de la température au sol, du vent, de l'inclinaison de la pente ? Depuis la terrible avalanche de Val-d'Isère, il y a 45 ans, les chercheurs poursuivent leurs études et les aménagements en montagne ont été adaptés depuis les années 2000. Il y a des zones rouges où les constructions sont interdites, des zones bleues avec un risque moyen et des zones blanches où l'on réalise les principales constructions. Les chercheurs de Météo France cherchent à comprendre quand et comment elles démarrent. Les chercheurs de l'IRSTEA cherchent à comprendre par où elles passent, quels dégâts elles provoquent et comment les limiter. 

Le climat change la donne

En 120 ans, les Alpes ont enregistré une hausse de la température moyenne de 2°C. Pour l'instant, les statistiques ne montrent pas plus ou moins d'avalanches. En revanche, elles descendent moins bas dans les vallées. Mais cela ne rassure pas du tout les chercheurs chargés d'évaluer le risque et de conseiller les élus de montage. Ce réchauffement s'accompagne aussi de phénomènes extrêmes et d'une plus grande variabilité des avalanches. Jusqu'à présent on les classe surtout comme des avalanches sèches mais avec les épisodes de redoux en pleine saison hivernale les chercheurs observent plus d'avalanches humides : plus lourdes, qui peuvent emprunter des chemins nouveaux, comme à Saint-François-Longchamp (Savoie) en mars 2012 où une coulée à plié deux poteaux de télésiège.

Les arbres gardent les traces du passé

Pour les aider dans leur travail, les chercheurs s’appuient sur des modélisateurs en 3D avec des ordinateurs, des tests en laboratoire mais aussi des couloirs d'avalanche en montagne où ils déclenchent par explosion le phénomène pour l'observer. Mais ils doivent aussi remonter l'histoire de la montagne et de ses avalanches sur plusieurs siècles. Ils ont trouvé une sentinelle : les arbres. Des mélèzes de plus de 700 ans ont gardé dans leur tronc et dans leurs cernes les traces du passé. Si un arbre a penché sous l'effet d'une pression, il va développer un bois plus sombre. Si le tronc a été frappé par un choc, il développe un "bourrelet cicatriciel". Les arbres de montagne sont donc un outil précieux pour nous aider à mieux nous protéger du risque d'avalanche.

Des patrouilleurs du domaine skiable de Tignes (Savoie), le 19 janvier 2011. (Photo d\'illustration)
Des patrouilleurs du domaine skiable de Tignes (Savoie), le 19 janvier 2011. (Photo d'illustration) (PHILIPPE DESMAZES / AFP)