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C'est dans ma tête. Une aptitude au bonheur ?

Des chercheurs britanniques ont publié les résultats d’une étude qui met en évidence cinq qualités qui permettraient d’accéder au bonheur. 

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franceinfoClaude HalmosRadio France

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Le bonheur, une aptitude qui dépend de notre propre histoire et de la réalité de la vie. 
Le bonheur, une aptitude qui dépend de notre propre histoire et de la réalité de la vie.  (TOM MERTON / CAIAIMAGE / GETTY IMAGES)

Ces chercheurs avancent que les gens doués pour le bonheur seraient des gens optimistes, déterminés, qui ont le sens du contact, et qui sont stables au niveau de leurs idées et de leurs émotions. Mais rassurez-vous, même si vous n’avez que 4 de ces 5 qualités, il paraît que vous pouvez quand même être heureux…

Cette théorie est-elle juste ?

Non, bien sûr. D’abord parce que ce genre de théorie est toujours fondé sur l’idée (implicite) que les qualités et les défauts des individus seraient là dès leur naissance. C’est la vieille notion de "caractère", à laquelle on croit toujours : "Mon fils n’a pas confiance en lui, Docteur, mais vous savez, c’est son caractère, il est timide…".

Ce n’est pas une question de caractère ?

Bien sûr que non. Et la preuve en est que si l’on travaille avec l’enfant en question et ses parents, si l’on comprend (et si l’enfant comprend) ce qui l’empêche d’avoir confiance en lui, tout rentre dans l’ordre.
Si c’était une question de "caractère", rien ne pourrait changer. Les points forts et les points faibles de nos personnalités ne sont pas innés. Ils se sont construits, depuis notre enfance, en fonction de ce que nous avons vécu, et en fonction des personnes qui nous ont entourés.

Un enfant à qui ses parents font confiance et qu’ils valorisent n’aura aucune raison, plus tard, de raser les murs en pensant qu’il est idiot. Alors que celui qui s’est entendu dire toute son enfance qu’il était moins malin que son frère, aura sans doute du mal, devenu adulte, à croire en ses capacités.
C’est tellement évident que l’on s’étonne toujours d’avoir à le rappeler !

La capacité au bonheur dépend donc elle aussi de l’histoire que l’on a eue ?

Oui mais pas seulement. Elle dépend de l’histoire que l’on a eue parce que pouvoir être heureux suppose d’être bien avec soi-même (d’avoir une bonne image de soi), d’être bien avec les autres et capable d’avoir des relations avec eux. Et d’être apte à faire face, sans s’écrouler, aux problèmes de la vie. Les parents qui accompagnent leurs enfants savent très bien qu’ils doivent les aider à cela. Mais cela ne suffit pas.

Pourquoi ? Parce que même si l’on est, de par son histoire, tout à fait apte au bonheur, on ne peut être heureux que si l’on a une vie supportable.
Quand on est chômeur en fin de droits et que l’on ne sait pas comment l'on va le lendemain nourrir et loger sa famille, il est rare que l’on saute de joie, même si l’on est très doué pour le bonheur.

Des "marchands de bonheur"

Et c‘est une dimension que l’on oublie trop souvent. Parce qu’il existe aujourd’hui un "marché du bonheur" (très rentable, d’ailleurs), et des "marchands de bonheur" qui nous racontent qu’à condition de suivre leurs préceptes, on pourrait réussir à être heureux, quelle que soit la vie que l’on ait. C’est une absurdité et une injure faite aux souffrances des gens.

Le bonheur, une aptitude qui dépend de notre propre histoire et de la réalité de la vie. 
Le bonheur, une aptitude qui dépend de notre propre histoire et de la réalité de la vie.  (TOM MERTON / CAIAIMAGE / GETTY IMAGES)