C'est dans ma tête, France info

C'est dans ma tête. Rapport sexuel avec une fillette de 11 ans : "Il est impossible de soutenir qu'elle était consentante"

Un homme de 28 ans coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec une fillette de 11 ans, sera jugé en février prochain par le Tribunal de Pontoise. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
avatar
Claude HalmosfranceinfoRadio France

Mis à jour le
publié le

Photo d\'illustration.
Photo d'illustration. (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

Un homme de 28 ans, coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec une fillette de 11 ans, sera donc jugé en février prochain par le Tribunal de Pontoise. Et il le sera en correctionnelle, pour "atteinte sexuelle sur mineure" car, la fillette l’ayant suivi sans résistance, la qualification de viol (qui relève des Assises) n’a pas été retenue. Cette affaire a suscité beaucoup d’émotion.

Pensez-vous que dans une telle situation, une fillette de 11 ans puisse être dite consentante ?                 

Si on définit le consentement comme le fait qu’une personne accepte, librement et en toute connaissance de cause, une proposition qui lui est faite, la réponse est, sans aucun doute possible : NON. Il est impossible de soutenir que cette jeune fille était consentante. Pourquoi ? Parce qu’elle n’était absolument pas libre.

En premier lieu parce que quand on se retrouve à 11 ans, c’est à dire à l’âge de la 6e, face à un homme de 28 ans qui est un adulte confirmé, le rapport de forces est totalement inégal. Du point de vue de la taille et de la force physique. Du point de vue de la connaissance et de l’expérience de la sexualité. Et du point de vue de la capacité à comprendre les situations, les êtres et la façon dont ils peuvent être manipulés.

Donc quand une fillette de 11 ans se retrouve seule, enfermée dans un ascenseur, avec un homme de 28 ans qui lui demande une fellation (c’est ce qui s’est passé), elle est à sa merci. Et il est logique qu’elle cède, parce qu’elle est tétanisée. À la fois par ce rapport de forces qui, par avance, la condamne. Et par le fait qu’elle passe, en un instant, du fantasme (qui fait qu’elle a pu le suivre) à la réalité qui est tout autre.  

Justement, on a dit qu’elle était consentante parce qu’elle l’a suivi volontairement

 Le fait qu’une fillette de 11 ans suive un homme adulte sans qu’il ait besoin de la violenter physiquement, ne signifie pas qu’elle est consentante mais qu’elle souffre de problèmes psychologiques. Cela veut dire que soit elle est, à cause de ce qu’elle a vécu jusque-là, dans une position de soumission : on lui donne un ordre et elle obéit, quel que soit l’ordre. Soit que, toujours à cause de ce qu’elle a vécu jusque-là, elle a un rapport problématique et anormal avec la sexualité. Et ces deux facteurs peuvent bien sûr se conjuguer.  

On a dit qu’elle était très mûre physiquement et sexuellement

 Je crois que, par rapport à cette question de la "précocité sexuelle", il faut être très clair. Qu’un enfant soit en avance pour apprendre à lire ou à faire du vélo, est plutôt positif. Mais qu’il soit "sexuellement précoce", est toujours le signe d’un disfonctionnement important.

L’enfant qui à 6 ans, 8 ans ou 11 ans semble être de plein pied avec la sexualité adulte, est un enfant qui ne sait pas qui il est, et quelle est sa place. Et il relève de soins, car l’intérêt excessif qu’il manifeste pour la sexualité adulte a toujours des causes. Et il faut les trouver. Donc si on "utilise sexuellement" un tel enfant, c’est un viol. Un viol sur mineur, et qui plus est, sur un mineur en difficulté.      

Photo d\'illustration.
Photo d'illustration. (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)