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C'est comment ailleurs ? Les prisons qui ferment aux Pays-Bas

Alors que les prisons françaises sont surpeuplées, franceinfo s’intéresse aux Pays-Bas où les prisons ferment, faute de détenus 

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franceinfoGérald RouxRadio France

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(CRIS TOALA OLIVARES / X03333)

Les Pays-Bas connaissent le taux d'incarcération le plus faible d’Europe et probablement du monde entier. Il y a seulement 53 détenus pour 100 000 habitants, contre 98 pour 100 000 en France.  

On ferme !  

Par conséquent, le pays a fermé 27 établissements en trois ans car ils étaient excédentaires. Il n'en reste aujourd'hui que 38, dont certains pourraient à leur tour fermer leurs portes prochainement. C'est tout le contraire d'un phénomène marginal.   

Pénurie de prisonniers  

Il existe plusieurs explications. Pour commencer, la criminalité est en chute libre depuis près de dix ans aux Pays-Bas. Les crimes et délits ont reculé de 26% entre 2007 et 2015.  

Ensuite, la justice évite d'envoyer les gens en prison. Sur les dix dernières années, le nombre de personnes envoyées en prison annuellement a chuté d'un quart.  

En fait, les juges condamnent différemment, avec des peines alternatives comme du travail d'intérêt général, des amendes ou des bracelets électroniques ou des internements en cliniques.    

Prisons vendues ou louées  

Sur les 27 prisons fermées, six ont été vendues, pour plus de 20 millions d'euros au total. D'autres ont été louées. Certaines servent de points d'accueils pour les demandeurs d'asile. D’autres ont été récemment louées avec leurs gardiens à la Norvège et à la Belgique qui manquaient de place pour leurs propres pénitenciers.  

Des HLM et des locaux pour entreprises  

Mais ça ne suffit pas. Alors, certaines des prisons peuvent devenir des HLM, qui pour certaines ont conservé les portes de cellule en guise de porte d'entrée. Ces portes très solides sont  très efficaces pour se préserver des cambriolages.  

Enfin, la prison de Breda près de la frontière belge connait une utilisation branchée. D'un côté, elle accueille 90 start-up et petites entreprises. De l'autre, elle organise des soirées "spécial prison" avec des volontaires qui jouent aux prisonniers et tentent de s'évader de la prison. Comme au bon vieux temps si l’on peut dire.   

(CRIS TOALA OLIVARES / X03333)