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C'est comment ailleurs ? Les abattoirs mobiles en Suède

Alors que les animaux sont régulièrement maltraités dans les abattoirs français, franceinfo s’intéresse à la Suède qui a lancé l’abattage à la ferme

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Gérald RouxfranceinfoRadio France

Mis à jour le
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(ANDR? MASLENNIKOV / BIOSPHOTO)

En Suède, certains consommateurs et éleveurs sont très soucieux de la vie et de la mort des animaux qui vont se retrouver dans leurs assiettes. Ils se sont dit que ce serait mieux si les bêtes pouvaient naitre, vivre, et mourir dans leur ferme. Et pour y parvenir, la Suède a lancé il y a trois ans l'expérience de l'abattage à la ferme.

L’abattoir dans un camion

Il s’agit d’un abattoir mobile qui va de ferme en ferme. En fait, ce sont trois camions minimum qui se déplacent. C'est dans le camion le plus gros que l'animal va être abattu, dépecé, découpé. Ensuite, il y a un camion frigorifique pour conserver la viande et la transporter. Et un troisième camion renferme un bureau et un vestiaire pour les cinq personnes qui travaillent dans cet abattoir ambulant.

Moins de stress pour l’animal

Il y a plusieurs avantages à ce dispositif. Déjà, il évite les déplacements longs et douloureux des animaux vers les abattoirs. Les bêtes n'ont que quelques mètres à parcourir entre leur étable et le camion-abattoir, en présence de l'éleveur qui les connait depuis des années.

Et puis, les animaux échappent ainsi au stress de l'abattoir standard avec les cadences infernales qui favorisent les mauvais traitements. Et sans stress, la viande sera meilleure, de l'avis unanime des éleveurs et des équarrisseurs.

Enfin, il y a un contact direct entre les employés de l'abattoir et les éleveurs. Les employés peuvent par exemple dire aux éleveurs que tel ou tel animal était très sain ou au contraire qu'il avait un problème au niveau du foie par exemple, ce qui peut être utile à l'éleveur.

Dispositif onéreux

Dans ces camions, la cadence est plus lente puisque les employés abattent en moyenne 30 animaux par jour alors que c'est 30 bêtes abattues par heure dans un abattoir classique. En plus des employés, il y a en permanence un vétérinaire dans ce dispositif. Pour que les camions se déplacent vers une exploitation, il faut qu'il y ait suffisamment de bêtes à abattre.

Un label "découpage éthique"

C’est une femme qui a lancé cette idée. Cette ancienne agricultrice travaille avec plusieurs dizaines d'éleveurs en Suède et se déplace dans tout le pays. Son installation peut rester plusieurs jours dans une ferme.

Un label "découpage éthique" a été lancé avec une étiquette spécifique pour les consommateurs. La viande est 20% à 30% plus chère que la viande standard, mais elle est de meilleure qualité et le consommateur sait que l'animal a été traité de meilleure manière que dans un abattoir classique.

(ANDR? MASLENNIKOV / BIOSPHOTO)