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C'est comment ailleurs ? Le code du travail en Italie

Alors que la France réforme son code du travail, franceinfo s’intéresse à l’Italie qui a changé le sien en 2015

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franceinfoGérald RouxRadio France

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Le président du Conseil italien Matteo Renzi en 2014
Le président du Conseil italien Matteo Renzi en 2014 (ANDREAS SOLARO / AFP)

Si le nouveau code du travail doit être imprimé en octobre à la suite des ordonnances du gouvernement, l’Italie a mis en place début 2015 le "Job Act", un nom anglais qui signifie loi travail.  

La réforme du code du travail a été portée à l’époque par le jeune président du Conseil italien Matteo Renzi. Elle a fait beaucoup de bruit dans le pays et a provoqué de nombreux débats. Finalement, le "Job Act" est entré en vigueur début 2015. Deux ans et demi plus tard, son bilan est en demi-teinte.   

Les raisons de la réforme  

Ce remaniement du code du travail trouve ses racines dans deux problèmes que connait l’Italie sur son marché du travail. D’abord, les Italiens connaissent comme la France un chômage de masse dont le taux oscille autour de 11-12% depuis des années, contre environ 10% en France.  

Ensuite, le pays a aussi un problème de structure du marché du travail. Les CDI étaient très protégés, ce qui encourageait les employeurs à signer des CDD souvent avec des jeunes pour obtenir plus de flexibilité.   

Encourager les CDI  

Matteo Renzi a voulu introduire une flexisécurité en Italie, soit plus de flexibilité pour les entreprises et de la sécurité pour les salariés.  

Le nouveau code du travail s'est d'abord concentré sur les CDI. Pour que les patrons en signent, le texte a instauré des contrats à protection croissante avec une sorte de période d'essai de trois ans pendant laquelle le patron peut licencier facilement sans justification. Mais plus le temps passe, plus le licenciement devient compliqué.  

Et pour encourager les patrons à s'engouffrer dans cette voie, des exonérations de charges ont été  instaurées. Exonérations fortes la première année du CDI, puis plus faible la 2eme année et encore plus faible la 3eme.      

La fin de réintégrations automatiques

L’autre mesure phare a été la suppression de la réintégration des salariés licenciés abusivement. Jusqu'au "Job Act", cette réintégration était automatique. Elle a été remplacée par une indemnité dont le montant est fixé en fonction de l'ancienneté.  C'est le fameux article 18 de la loi qui a cristallisé le débat politique et la contestation syndicale.  

Bilan mi-figue mi-raisin  

Avec cette réforme, Matteo Renzi affirme qu'il a fait sauter un tabou dans son pays et que près d'un millions d'emplois ont été créés grâce au "Job Act". La première année d'application, les embauches en CDI ont explosé, mais ont ensuite diminué.

Le taux de chômage a baissé de 13% début 2014 à 11,3% aujourd'hui, mais les économistes avancent que d'autres mesures en faveur d'industrie ont permis de faire baisser le chômage. Une relative embellie économique a aussi aidé.  

Le principal échec de ce nouveau code du travail reste le chômage des jeunes qui demeure très élevé avec un taux de  35%, contre 21 % en moyenne dans l'Union européenne.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi en 2014
Le président du Conseil italien Matteo Renzi en 2014 (ANDREAS SOLARO / AFP)