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C'est comment ailleurs ? La lutte contre la violence sur enfants en Suède

Alors que la France lance une campagne contre la violence verbale vis à vis des enfants, franceinfo s’intéresse à la Suède ou les enfants sont très protégés

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franceinfoGérald RouxRadio France

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(HASSE HOLMBERG / TT NEWS AGENCY)

Si la campagne de publicité lancée cette semaine vise les paroles violentes des parents sur leurs enfants, en Suède les enfants ont des "droits importants et on les écoute", proclame le site internet officiel de ce pays. En Suède, où l'enfant est central, un parent jugé trop rude peut se retrouver devant un tribunal.  

La fessée interdite depuis près de 40 ans  

La loi suédoise interdit les châtiments corporels depuis 1979, ce qui constitue un record mondial en la matière. En France, l’interdiction de la fessée date de 2017. La Suède avait déjà interdit les châtiments corporels à l'école à la fin des années 50.  Il faut dire qu'auparavant, l'éducation suédoise était sévère et puritaine, issue du modèle prussien.    

Des parents très surveillés  

Dans la vie de tous les jours, il existe un numéro vert que les enfants peuvent appeler dès qu'ils s'estiment menacés par l'autorité de leurs parents. Pas question de menacer un enfant ou de mal lui parler, encore moins dans la rue où la population est très sensible.  

Cela dit, il est arrivé qu'un parent soit convoqué par la police parce qu'il avait crié sur son enfant à la maison. Le voisin, qui était policier, l'avait entendu.  

La justice peut sévir  

Cela peut aller jusqu'au tribunal. En 2016, une mère été condamnée à de la prison avec sursis et à verser 1500 euros de dommages et intérêts à son propre fils de trois ans car la justice lui reprochait d'avoir enfermé l'enfant dans le noir pendant deux à trois minutes pour le punir quand il ne l'écoutait pas. Le tribunal a assimilé la punition à de la séquestration et a aussi retenu le délit de menaces.    

Moins de violences

Cette politique semble porter ses fruits dans la mesure où la Suède est l'un des pays ou la maltraitance sur enfants est parmi les plus faibles et la délinquance juvénile recule. Les spécialistes affirment que c'est grâce à l'éducation non violente.    

Dérives  

Cependant, d’autres spécialistes de l’éducation dénoncent la prise de pouvoir des enfants qui peuvent décider de tout quand leurs parents les placent sur un pied d'égalité avec eux. Au-delà de l'image de l'enfant capricieux qui hurle dans un magasin sans que les parents bougent, cette manière d’élever les enfants peut poser des problèmes aux instituteurs, qui ne peuvent pas toucher les enfants, ne serait-ce que pour les séparer quand ils se bagarrent.

Pour certains psychiatres, cette permissivité poussée à l'extrême peut favoriser des tendances dépressives chez les enfants qui ne seront pas forcément préparés aux difficultés et aux contraintes de leur future vie d'adulte.

(HASSE HOLMBERG / TT NEWS AGENCY)