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Un été Corto : chapitre un

Où l'on découvre le pirate Corto Maltese, personnage secondaire promis à un grand avenir. Et "la ligne essentielle" de son créateur, Hugo Pratt, disparu il y a 20 ans.

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(© Hugo Pratt, Cong SA, Casterman)

Passer l’été avec Corto Maltese...

Nous allons passer tout l'été avec Corto Maltese. 20 ans après la mort de son créateur Hugo Pratt, c’est côtoyer l’un des personnages les plus insaisissables de la bande dessinée.

On a longtemps dit de cette icône sortie des eaux, quasi nue, dans les premières pages de "La Ballade de la mer salée ", qu’il était un anti-héros. Nous sommes en 1967. Dans ce long roman graphique, où plane l’esprit de Stevenson et de Conrad, Corto Maltese n’incarne pas les bons sentiments, la gentillesse boy-scout de Tintin. Contrairement à Astérix, Corto se prend des coups plein la tête.

Enfin, littéralement balloté par les éléments, témoin autant qu’acteur de son temps, Corto Maltese vieillit.

On sait presque tout de lui jusqu’au moment où l’on perd sa trace pendant la guerre civile espagnole, en 1936. Corto Maltese est né à Malte en 1887. Son père était marin, lui aussi, anglais des Cornouailles. Sa mère, une gitane de Séville, vivait à Gibraltar. A 13 ans, Corto est en Chine. A 17 ans, il s’embarque : l’Egypte, Aden, Bombay, la Mandchourie. La mer et le désert seront ses horizons.

Hugo Pratt, la ligne essentielle

Une simple ligne, fluide, court sur la page blanche, voici la dune et la vague. Le dessinateur navigateur Christian Cailleaux ne s’est jamais remis de cette découverte. Il appelle ça "la ligne essentielle". C'est la première raison de son amour pour Corto. La seconde tient à cette capacité "d'obliger le lecteur à imaginer. Corto regarde au loin. On ne sait pas quoi, mais peu importe. La littérature a fait irruption dans la bande dessinée."

Cette semaine, nous conseillerons donc la lecture de la première aventure de Corto Maltese, "La Ballade de la mer salée ", aux éditions Casterman. En attendant cet automne la reprise de Corto Maltese par les espagnols Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero, sous le titre "Sous le soleil de minuit ".

De Christian Cailleaux, il faut lire "Embarqué", sorti au printemps aux éditions Futuropolis.

 

 

(© Christian Cailleaux, Futuropolis / Juben Pellejero, Casterman)
 

(© Hugo Pratt, Cong SA, Casterman)