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Tables et cafés solidaires

Coup de projecteur sur des initiatives solidaires dans la restauration : "Tous à table" et "Cafés solidaires". Deux exemples concrets de solidarité.

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Laurent MariotteRadio France

Mis à jour le
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Depuis mai 2011, Tous à table permet à des personnes à très faibles revenus d'aller au restaurant en ne payant que 10 % de l'addition. Pour l'instant il s'agit d'événements ponctuels qui ont lieu le dernier samedi du mois. Le reste de l'addition est payé par les autres clients.

Flavio Nervegna, un ancien consultant dans l'univers du luxe, est à l'origine de ce concept. A un moment donné, il a voulu changer de vie et lui donner du sens, en s'engageant dans l'économie sociale et solidaire : "Je vais fédérer autour de 'Tous à table' un chapelet d'associations. Enormément de personnes peuvent bénéficier de mes déjeuners alors qu'elles ne bénéficient pas de la gratuité de tous les services proposés. Elles revivent un moment de plaisir au restaurant. " Il s'agit de personnes ayant subi des accidents de la vie plutôt que de personnes en grande précarité, victimes de l'exclusion...

Jérôme Chabanel, restaurateur parisien, possède, entre autre, un restaurant dans le quartier de Montorgueil à Paris. C'est chez lui qu'a eu lieu le dernier déjeuner de Tous à table : "Cela permet de se faire plaisir à soi en tant que restaurateur, parce que si on fait ce métier, c'est aussi pour pouvoir recevoir. Ce sont des moments importants parce que l'on a une clientèle habituée au restaurant, qui vient déguster ce menu que l'on conceptualise pour ce moment-là, que l'on met autour d'une table avec des gens qui n'ont pas du tout l'habitude de venir. C'est très marrant d'avoir ces deux populations à table et qui communiquent tous ensemble. "

Le président de cette association est train d'imaginer un projet pour proposer autre chose que des déjeuners éphémères. Il est en train de créer un coupon BA (bon appétit, bonne action) où des donateurs vont déposer leurs dons sur une plateforme qui permettra aux bénéficiaires de réserver à la date de leur choix dans des restaurants partenaires. Pour l'instant, il en a convaincu 200, il vise un millier à la fin de l'année. Ce don serait déductible des impôts pour les donateurs.

Un café solidaire

 L'idée est née il y a plus d'un siècle en Italie, à Naples, avec le caffè sospeso , littéralement café suspendu. Le principe : quand vous commandez un café dans un bar, vous en payez deux. Le cafetier offrira le deuxième à un client démuni, à un SDF... Ni vu ni connu, ce dernier pourra en bénéficier.

Aujourd'hui, on trouve des caffè sospeso dans plus de 140 villes du monde. Ce mouvement commence à arriver en France, grâce à l'invitation du groupe Facebook Les indignés de France. En France, l'initiative a démarré à Rouen et s'est vite répandue via les réseaux sociaux à Lyon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Le Mans, Caen ou Evreux.

Une carte recense les endroits où l'on peut consommer un café laissé en attente.

La solidarité existe aussi dans les boulangeries


Dernièrement, les boulangers se sont inspirés du même principe : vous payez deux baguettes, deux sandwichs ou deux pains au chocolat, et le boulanger fera don du second achat.

Pour savoir qui sont ces commerçants solidaires, une affichette est apposée sur leur vitrine.

Désormais, le concept s'est étendu à la baguette et 90 boulangeries, réparties dans 55 villes suspendent chaque jour des baguettes.

A Nantes, a été créée l'association Tout en attente, dont Corentin Pichon, 25 ans, l'un des fondateurs de l'association, et cuisinier chez Mauricette, a été le premier à s'être lancé dans l'aventure.

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