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Présidentielle : François Patriat juge que "le Parti socialiste est un champ de ruines"

Le sénateur de Côte-d'Or, ex-PS, François Patriat, invité de franceinfo samedi, a justifié son soutien à Emmanuel Macron et son départ du PS, estimant que "les gauches sont devenues irréconciliables".

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Le sénateur de Côte-d'Or, François Patriat, qui mène campagne au côté d'Emmanuel Macron, était l'invité de franceinfo samedi 1er avril. L'élu a annoncé le 29 mars dernier, avoir quitté le Parti socialiste, afin de se consacrer au mouvement En Marche. François Patriat a justifié son choix. "J’ai décidé d’écrire au premier secrétaire du PS, quand j’ai entendu mercredi matin (le 29 mars), le niveau des invectives, des sarcasmes et des  attaques auxquels se livraient mes amis socialistes", a déclaré l'ancien ministre de l'Agriculture, du gouvernement de Lionel Jospin en 2002.

"J’ai compris que ce parti n’était plus celui de la fraternité et qu’il n’était plus capable de produire des idées et qu’il y avait dans ce parti, ce que nous avions dit par le passé, des gauches irréconciliables", a poursuivi François Patriat. "Je ne vois pas comment il pourrait avoir une réconciliation puisque Benoît Hamon n’a rien fait pour cette réconciliation. Il s’est tourné plutôt vers Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot que vers les sociaux-réformistes. A mon avis, cette scission est irréversible. Le Parti socialiste est un champ de ruines", a conclu le sénateur de Côte-d'Or.

Législatives : "pas d'accord d'appareil"

Interrogé sur la capacité d'Emmanuel Macron de réunir autour de lui une majorité pour gouverner sans passer d'accord avec un grand parti politique, François Patriat, a réaffirmé samedi sur franceinfo que le mouvement En Marche présenterait 577 candidats aux élections législatives, et que l'élection à l'Elysée d'Emmanuel Macron permettrait d'avoir une majorité.

"La victoire d'Emmanuel Macron, qui n'est pas encore acquise, déclenchera dans l'opinion publique en France, en Europe et à l'étranger un séisme, parce qu'on regardera la France d'une autre façon. Celle qui est capable d'élire un jeune président visionnaire, et qui permettra d'avoir une majorité dans ce pays", a estimé le sénateur de Côte d'Or, en excluant toute idée d'un accord électoral entre le Parti socialiste et le mouvement d'Emmanuel Macron.

"La ligne est claire: il y aura 577 candidats [d'En Marche!]. Je participe à la commission d'investiture, dans laquelle il y a plus de 14 000 candidats à la candidature, parmi lesquels il y a beaucoup de talents. Mais il n'y aura pas d'accord d'appareil", a déclaré François Patriat. "Il y a différentes catégories d'élus sortants, et je ne vois pas pourquoi demain, avec un accord d'appareil, on réserverait des circonscriptions à des candidats qui auraient critiqué Emmanuel Macron", a-t-il ajouté.

"Une visite républicaine" à Marseille

Emmanuel Macron, en déplacement à Marseille aujourd'hui, va rencontrer Christian Estrosi, président Les Républicains (LR) du conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur. Selon François Patriat, il s'agit d'une "visite républicaine". "Il rencontrera Marie-Guite Dufay, [présidente PS de la région Bourgogne-Franche-Comté] quand il viendra le 11 avril en Franche-Comté. Se préparer à gouverner ce pays, c'est se préparer demain à travailler avec tout le monde." 

Appelé à commenter l'accueil houleux reçu par Christian Estrosi, lors d'une réunion publique de François Fillon à Toulon vendredi 31 mars, François Patriat a estimé que "plus la campagne avance, plus c'est difficile pour monsieur Fillon, plus il est agressif et plus il prend des mots qui peuvent blesser". "Christian Estrosi, sifflé par son camp, ça vous montre l'état de délabrement du parti Les Républicains, où personne ne se parle, où trois clans se détestent", a ajouté le sénateur de Côte d'Or.