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Présidentielle : Jacques Cheminade ne votera "certainement pas Marine Le Pen", si le FN est présent au second tour

Le candidat de Solidarité et Progrès à la présidentielle, invité mercredi de franceinfo déclare qu'il ne votera pas FN au second tour en cas de duel avec Emmanuel Macron. Il choisira peut-être le candidat d'En Marche, sinon il votera blanc.

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Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle, président du parti  Solidarité et progrès.
Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle, président du parti  Solidarité et progrès. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Jacques Cheminade, du mouvement Solidarité et Progrès, se présente pour la troisième fois à l'élection présidentielle. Le doyen des candidats, 75 ans, avait brigué la fonction suprême en 1995 et 2012, recueillant 0,28% des voix, et 0,25%. Alors que les enquêtes d'opinion le placent en-deçà du seuil de 0,5%, Jacques Cheminade, invité de franceinfo mercredi 19 avril, admet que les sondages ne sont "pas généreux" avec lui, mais que "ce ne sont pas eux qui déterminent la vie et l'avenir".

L'attente d'un effet catalyseur

Pour le candidat, c'est "l'effet catalyseur qui compte, une toute petite chose qui permet qu'une opération chimique se réalise ou pas". Pour cette troisième campagne électorale, Jacques Cheminade se dit toujours en attente de cette réaction chimique. Cette fois-ci, le candidat a toutefois remarqué "une attention plus grande aux idées". "Les Français en ont marre de l'entre soi politique et ils veulent voir autre chose", a-t-il ajouté. 

Pas Le Pen, mais peut-être Macron

Au second tour de la présidentielle, en cas de duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, pour quel candidat voterait Jacques Cheminade ? "Pour l'instant je ne vote certainement pas pour Marine Le Pen, j'attends ce que dira Macron avant le second tour. Tel que c'est aujourd'hui je vote blanc, j'attends le second tour", a précisé le candidat du mouvement Solidarité et Progrès, ajoutant qu'il faut surtout penser au premier tour. "Ma candidature, aussi réduit que soit le vote affiché par les sondages, est très importante parce que je représente le catalyseur pour une alliance contre le système financier et bancaire qui a le pouvoir dans le monde."   

Se protéger pour protéger le scrutin

Alors qu'un projet d'attentat a été déjoué à quelques jours de la présidentielle, Jacques Cheminade a salué "les forces de police et de gendarmerie". "C'est la politique de veille, d'infiltration qui est essentielle. Je vois que les sûretés intérieures et extérieures commencent à collaborer à cet effort", a-t-il déclaré. Comme les autres candidats, il avait été prévenu des menaces qui pesaient sur certains d'entre eux. Il tient à saluer "ceux qui ont été menacés". "Ce sont mes adversaires, mais pas mes ennemis. Mes ennemis, vous le savez, c’est la finance", a expliqué le représentant du mouvement Solidarité et Progrès. 

"On demande aux candidats de faire preuve de retenue, ne serait-ce que pour les autres", a-t-il ajouté. "Ça n’est pas une chose qui m’empêche de dormir, mais je reste chez moi parce que je pense que si un des candidats était dans l’impossibilité de se présenter, soit blessé, soit tué, l’élection serait reportée. Ne serait-ce que pour les autres, je prends soin de moi-même." 

Sur l'action contre le terrorisme, le candidat de Solidarité et Progrès a estimé que, le gouvernement "n'en fait peut-être pas assez, mais il a fait des choses. Bernard Cazeneuve, lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur, a eu d'assez bons rapports avec le défi qui nous est jeté". La lutte contre le terrorisme serait à mettre "dans la case demi-succès" de François Hollande.

Jacques Cheminade a ajouté que "si on ne fait pas une politique de développement, on n'arrêtera pas le jihadisme. On ne la fait pas car on est dans les restes de la Françafrique. Il faut arrêter le franc CFA et laisser les pays africains à leur souveraineté nationale". Selon Jacques Cheminade, "pour étudier en amont cette question du jihadisme, il faut réunir des gendarmes, des policiers, des universitaires et faire remonter les choses jusqu'au président de la République. On a une bonne loi du 21 juillet 2016. Il faut lui donner plus de substance".

La découverte du monde des gamers

Lors de la campagne, Jacques Cheminade a préconisé l'interdiction des jeux vidéo violents. "Cette provocation" lui a permis de nouer "une bonne relation avec les gamers", a-t-il déclaré sur franceinfo. "L'idée de l'ultra violence est partout", a-t-il dénoncé. "Elle découle de la cupidité dans le système financier, monétaire. On y revient toujours parce que c'est là qu'est le vrai pouvoir, associé aux Gafa", les géants du web. Cependant, "il y a de très bons jeux vidéo. On m'a parlé de Civilization V, Civilization VI".

Jacques Cheminade a confié regarder ces jeux de temps en temps. "À mon âge, il n'y a pas de jeux interdits", a-t-il ajouté, en précisant qu'il faut faire le tri, "en éliminant ce que les jeunes appellent 'la chancla', c'est à dire 'n'importe quoi'".

Regardez l'intégralité de l'entretien de Jacques Cheminade sur franceinfo le mercredi 19 avril.


Présidentielle : Jacques Cheminade veut... par franceinfo
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Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle, président du parti  Solidarité et progrès.
Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle, président du parti  Solidarité et progrès. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)