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Nicolas Hulot au gouvernement : "Je reste tant que je crois qu'on peut changer collectivement les choses"

Depuis trois mois au gouvernement, le ministre de la Transition écologique et solidaire, invité mercredi de franceinfo, a fait part de son ressenti, précisant qu'être "heureux n'est pas le sentiment qui domine", au vu de "l'exigence" réclamée.  

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Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, invité mercredi 30 août de franceinfo, a commenté ses trois premiers mois passés au gouvernement. Nicolas Hulot a fait part d'"une pression qui oblige" et "met dans un état d'esprit qui est lourd". "On sent un tel poids de responsabilité, d'attentes, de bienveillance mais en même d'exigence, qu'on n'est pas serein. On est juste déterminé".  

"On a conscience quand on est à l'extérieur que c'est parfois plus facile d'être dans l'opposition que dans l'action", a ajouté Nicolas Hulot. "C'est plus difficile parce que dans les domaines qui sont les miens, on a laissé la situation tellement se dégrader que vous pouvez arriver fort de vos convictions, vous n'avez pas de baguette magique."

Le ministre de la Transition écologique et solidaire est revenu sur les raisons qui l'ont poussé à accepter de participer au gouvernement. "Il y avait un préalable pour réformer ce pays, notamment sur les sujets que je porte, pour changer en profondeur les choses. Il fallait un peu casser cette démocratie de compétition", a-t-il déclaré, comptant sur "l'addition des compétences et des expériences" au gouvernement. "Je ne reste que tant que je crois que l'on peut, collectivement, changer les choses", a ajouté Nicolas Hulot.

Une invitation à "la confiance" envers Emmanuel Macron

Nicolas Hulot a-t-il été convaincu par Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle ? Pour la première fois, le ministre a apporté une réponse, disant avoir choisi le candidat PS, issu des primaires. "Je n'ai pas voté Emmanuel Macron au premier tour (...) J'ai voté pour Benoît Hamon."

Nicolas Hulot a ajouté : "Pourquoi cacher les choses (...) a force de ne pas dire les choses, on finit par être suspect (...) Je souhaitais que sur mes sujets, on intensifie un peu les ambitions."  Le ministre de la Transition écologique a précisé "être loyal""Si je suis là, c'est que je fais confiance (...) Le Président a eu un programme, les Français ont choisi ce programme. Laissons la démonstration et tirons des conclusions", a-t-il expliqué.

Un dispositif diesel-essence en septembre

La fiscalité du diesel sera alignée sur celle de l'essence "dans les trois, quatre ans qui viennent", a annoncé Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique a ajouté qu'il présenterait "un dispositif complet à la mi-septembre". Son projet de loi inclura "des aides" pour inciter les Français "à changer de véhicule". "La personne qui est en banlieue, que le prix de l'immobilier a éloigné des centres urbains, qu'on a incité pendant des années à acheter des véhicules diesel, tout d'un coup on lui interdit les centres villes", a expliqué Nicolas Hulot. 

Pour le ministre, un dispositif d'accompagnement est nécessaire pour changer de véhicule. "Oui, ça coûte cher", a-t-il reconnu, mais le système de bonus-malus va "évoluer". Il en va de "la santé humaine", a souligné Nicolas Hulot. "Le jour où le pays peut s'affranchir de ses importations de pétrole et de gaz, tout cet argent on pourra le mettre dans la santé, dans l'éducation, dans la recherche", a expliqué le ministre. "La France a été leader dans la prise de conscience, il faut qu'elle soit leader maintenant dans la transformation de la prise de conscience." 

Le nucléaire : "un scénario socialement acceptable"

La centrale nucléaire de "Fessenheim sera fermée et d'autres réacteurs seront fermés", a confirmé ce mercredi sur franceinfo Nicolas Hulot, sans toutefois chiffrer le plan. "Ce qui m'intéresse c'est qu'on identifie quels réacteurs on va fermer sur des critères sociaux, économiques, et surtout sur des critères de sécurité. Cela ne se fait pas sur un coin de table en huit jours", a-t-il précisé, ajoutant qu'EDF travaille "sur des scénarios". "Nous-mêmes nous travaillons sur des scénarios, a-t-il indiqué. Le scénario retenu devra être "humainement et socialement acceptable, notamment pour ces gens qui seront touchés par ces conversions et par ces changements", a poursuivi Nicolas Hulot. 

Le ministre a toutefois reconnu qu'un certain nombre de difficultés devaient être réglées pour réduire la part du nucléaire, prenant l'exemple des éoliennes : "Aujourd'hui, il se passe entre 10 et 15 ans, entre l'appel d'offre et l'implantation (...) Tant qu'on sera dans cette situation la transition énergétique ne pourra pas se faire."

Avec quel budget Nicolas Hulot va-t-il travailler au ministère de la Transition écologique ? "Non seulement, il sera stabilisé, mais globalement augmenté de 3%", a-t-il annoncé, sans préciser le montant de la hausse pour 2018. "Je n'ai pas eu beaucoup à me bagarrer (...) mais il va falloir faire des choix", a ajouté Nicolas Hulot.  

Regardez l'intégralité de de Nicolas Hulot sur franceinfo le mercredi 30 août 2017.

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Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)