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"Je ne suis pas pour une société de l'assistanat ou du farniente" : Manuel Valls s'oppose au revenu universel

Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche, était l'invité de franceinfo mardi. Au revenu universel proposé par Benoît Hamon, il a opposé son "revenu décent".

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Manuel Valls, le 10 janvier 2016 sur franceinfo
Manuel Valls, le 10 janvier 2016 sur franceinfo (FRANCEINFO)

Invité de franceinfo mardi 10 janvier, Manuel Valls a détaillé son programme en vue de l'élection présidentielle. Le candidat à la primaire de la gauche, qui s'attend à un premier "débat passionnant" jeudi, a mis en avant sa proposition de "revenu décent" face au revenu universel proposé notamment par Benoît Hamon. Pour lutter contre le manque de médecins dans les zones rurales et les banlieues, il a appelé également à supprimer le numerus clausus qui régit l'admission aux études médicales françaises.

"Rien n'est écrit" pour la primaire et la présidentielle

En meeting à Liévin (Pas-de-Calais) dimanche, l'ancien Premier ministre n'a réuni que 200 personnes, sur les 400 attendues. "Je laisse le commentaire aux commentateurs, a-t-il déclaré. Je suis en campagne avec beaucoup de détermination, beaucoup de plaisir aussi. Aller à la rencontre des Français, c'est toujours un moment privilégié."

Le candidat à la primaire de la gauche affirme sentir "beaucoup d'intérêt des Français qui ne veulent pas se faire imposer leurs choix" : "Rien n'est écrit. Cette primaire et l'élection présidentielle sont ouvertes. Je ne veux pas qu'en avril et en mai prochain, on impose (aux Français) de choisir entre une droite dure, celle de François Fillon, et l'extrême-droite de Marine Le Pen, qui ferait sortir le pays de l'histoire et ruinerait nos compatriotes. Je veux gagner et je veux convaincre."

Je suis candidat parce que je veux que la gauche soit au deuxième tour

Manuel Valls

à franceinfo

L'ancien Premier ministre s'est dit convaincu que la France "a toujours besoin de la gauche". "Ce qui compte avant tout, c'est le choix des Français, a-t-il souligné. Nous nous sommes tous trompés sur les pronostics dans le monde, en Europe et en France. Ce sont les peuples qui décident. Pas les politiques. Et encore moins les journalistes."

Revenu décent vs revenu universel

L'ancien Premier ministre a défendu son projet de "revenu décent" qu'il différencie du "revenu universel" prôné par certains de ses concurrents comme Benoît Hamon. "Il ne s'agit pas de donner à tout le monde 800 euros, a-t-il expliqué. Il s'agit de fusionner les dix minimas sociaux qui existent aujourd'hui, mais en les liant au travail. Je suis pour une société du travail, de la solidarité. Je ne suis pas pour une société de l'assistanat ou du farniente."

Tout en rappelant que la maîtrise des dépenses publiques et l'objectif d'un déficit public sous la barre des 3% du PIB, Manuel Valls affirme vouloir "poursuivre la baisse des impôts pour les classes populaires et les classes moyennes engagée en 2014" : "Je ne propose pas une marche forcée vers la baisse des déficits. Parce que je sais qu'il va falloir créer des postes, chez les policiers, chez les magistrats... Il faut soutenir le croissance", a-t-il conclu.

Manque de médecins : "supprimer" le numerus clausus

Faisant le constat que "l'inégalité devant la santé s'est accrue pour beaucoup de Français" et pointant du doigt les déserts médicaux "dans les territoires ruraux" et "en banlieue, dans les villes moyennes", Manuel Valls a appelé à plus de "volontarisme". Le candidat à la primaire de la gauche propose notamment de "supprimer le numerus clausus des études médicales".

Au sujet du dépassement des honoraires et des lieux d'installation des médecins, "Je pense qu'il faudra - et je ferai des propositions précises - être plus coercitif dans ce domaine-là", a-t-il déclaré.

Polémique Farid Benyettou : les repentis "doivent participer à la lutte" contre le terrorisme

Interrogé sur le livre de Farid Bennyettou et le passage télévisé polémique de l'ancien mentor des frères Kouachi le 7 janvier, jour-anniversaire de l'attentat contre Charlie Hebdo, dans l'émission "Salut les Terriens" sur C8, Manuel Valls a rappelé qu'il fallait "être très attentif à ce que peuvent ressentir les survivants et les proches des victimes".

L'ancien Premier ministre a toutefois souligné que "le rôle des repentis" était essentiel dans "la lutte contre l'islamisme radical" : "Ceux qui ont participé de cettte dérive doivent participer de cette lutte. Toute la société doit se mobiliser". Manuel Valls a appelé à une réforme de la pédopsychiatrie, confronté "aux dérives de notre jeunesse".

"Supprimer" la Cour de justice de la République

Manuel Valls a regretté "la montée des populismes" et "le rejet des institutions" qui touchent la France et l'Europe. "La démocratie n'est plus acquise. Elle ne s'impose plus naturellement", a-t-il estimé.

Interrogé sur la Cour de justice de la République, au cœur d'une polémique sur sa décision de dispense de peine à Christine Lagarde dans l'affaire de l'arbitrage Tapie, l'ancien Premier ministre a jugé souhaitable de "supprimer" cette institution : "C'est insupportable pour les Français. Ils ont le sentiment qu'il y a deux poids deux mesures dans les actions de justice. Voilà une réforme qui s'impose."

Visionnez l'intégralité de l'interview de Manuel Valls


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Manuel Valls, le 10 janvier 2016 sur franceinfo
Manuel Valls, le 10 janvier 2016 sur franceinfo (FRANCEINFO)