Avenue de l'Europe, le mag, France 3

Avenue de l'Europe, le mag. Royal !

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Présenté parVéronique Auger

Diffusé le 23/09/2015Durée : 01h10

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France Télévisions

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N'en déplaise aux révolutionnaires, les têtes couronnées qui restent ne sont pas forcément près de tomber… La première d'entre elles, Elizabeth II, 63 ans et 8 mois de règne, vient même de pulvériser le record de longévité de son aïeule Victoria ! Le magazine "Avenue de l'Europe" fait sa rentrée sous le signe de la monarchie, avec un invité et trois voyages sur des terres où ce régime est encore en vigueur : Espagne, Grande-Bretagne et Belgique.

Espagne : droits dans leurs bottes

La gauche radicale de Podemos, aux portes du pouvoir, va-t-elle finir par ébranler la royauté espagnole ? Le régime a pourtant encore d'ardents défenseurs, jusqu'à ce cocher monarchiste… et de gauche rencontré par Frédérique Maillard à son arrivée à Séville, la capitale andalouse.

A une heure de là, le château de la Monclova. La marquise Almudena de Arteaga, dont c'est le palais d'hiver, affirme que "le roi, c'est le meilleur des diplomates". Et qu'il coûte "moins qu'un président". Devant l'autel richement décoré de sa chapelle, la châtelaine, qui loue plusieurs hectares de ses terres pour un four solaire, vante les traditions familiales et conte l'histoire de sa noble ascendance.

Direction Madrid et ses quartiers chics. Parque Conde de Orgaz, rencontre avec la famille recomposée et moderne d'un duc descendant du vicomte Ferdinand de Lesseps. Comme la marquise à Séville, ses filles et lui ont Podemos en sainte horreur. Le parti de la gauche radicale n'a-t-il pas promis de transformer le club de golf de Madrid en ferme collective ?

Podemos et l'un de ses fondateurs, Frédérique Maillard les a rencontrés à Madrid. Si Mario Peres Blanco est resté farouchement hostile à la royauté, il semble que le parti ait changé de stratégie. "Couper virtuellement la tête du roi était au départ dans notre programme. Mais ce n'est plus notre priorité, explique une militante. Si un référendum était organisé, le roi actuel serait plébiscité par la majorité des Espagnols, on le sait bien."

Dans une Espagne en crise, les représentants de la monarchie sont bien conscients que l'heure est venue de se montrer exemplaire. Depuis le scandale pour fraude fiscale qui a impliqué l'infante, le nouveau roi Felipe VI a convoqué les aristocrates au palais pour leur faire la leçon.

Reportage de Frédérique Maillard et Loïc Lemoigne.

Grande-Bretagne : "My Lord is rich"

Au royaume de Sa Très Gracieuse Majesté britannique, les aristocrates propriétaires terriens sont encore nombreux, grâce à une fiscalité sur mesure. Et au principe de primogéniture masculine (priorité au premier descendant mâle pour la succession) désormais unique en Europe. C'est lui qui a permis de conserver l'unité des propriétés, châteaux, domaines, collections d'art et de meubles… Vous avez dit "injuste pour les autres enfants" ?" "Ça a toujours été comme ça", réplique le duc d'Argyll, chef du clan Campbell, l'une des plus vieilles familles britanniques.

Les terres agricoles sont concentrées aux mains de 10% de propriétaires, qui "pompent" ainsi 70% des subventions agricoles européennes. Ce qui fait monter leur prix et complique leur achat. Les journalistes ont interrogé Andy Wightman, chercheur et militant écologiste qui enquête sur les aristocrates grands propriétaires et leurs métayers, et Marc Roche, spécialiste des têtes couronnées.

Quid du pouvoir politique de ces aristocrates propriétaires ? Une loi est passée, après un dur combat politique, pour que l'appartenance à la Chambre des lords cesse d'être héréditaire. La société britannique change, mais lentement…

Reportage d'Anne Sylvain et Laure Linot.

Belgique : pas de vagues

Chez "nos amis belges", la famille royale ne se montre que deux fois par an, la noblesse cultive la discrétion... Pourquoi cette méfiance envers les médias ? La princesse douairière Elisabeth de Chimay, issue d'une valeureuse lignée, la trouve d'ailleurs excessive. Son fils Philippe, 22e du nom, l'explique ainsi : "On a toujours peur de se faire écharper pour un mot de travers." Et puis, un certain "code moral interdit de se mettre en avant – surtout à une époque de crise : c'est pas la peine de la ramener". D'ailleurs, pour "échapper aux visiteurs trop casse-pieds", le prince dispose même d'un passage secret !

L'aristocratie n'est pas toujours bien vue : elle détient un tiers de la fortune du pays, et les scandales ont sérieusement écorné son image. Ici, tout le monde a encore en tête l'enfant caché du roi Albert II. En 1988, il y a eu aussi ce numéro de Strip Tease, émission très populaire en Belgique, où un jeune baron se "lâchait". Aujourd'hui, le même Eric d'Huart, interviewé par Avenue de l'Europe, prône l'humilité et dénonce une "danse du scalp de certains journalistes autour de la Couronne" depuis Léopold III. "Notre monarchie meurt d'envie de bien faire", assure-t-il. Elle fait l'objet de fantasmes qui entrent en collision avec le sentiment républicain, fort en Belgique.

Un fantasme exploité par la télévision avec l'émission C'est du Belge. C'est le roi Albert II lui-même qui, dans son enthousiasme, a eu cette phrase lors de la grande fête pour les dix ans de son règne (en présence d'Annie Cordy notamment !). Et c'est la bande-son de ce moment de télévision unique qui sert de générique à l'émission. Un titre et un générique avec un tel pedigree, c'est royal ! Sur les petits écrans du plat pays, vous avez aussi, dans un autre genre, Royalties, sorte de Point de vue - Images du monde d'outre-Quiévrain...

Reportage de Jean-Claude Bertholet et Jean-Michel Mier.

L'Œil de l'Européen : les Français plus monarchistes que les Néerlandais ?

Au fond, les Français, avec leur république monarchiste, ne seraient-ils pas plus royalistes que le roi... des Pays-Bas, monarque constitutionnel ? "Indiscutablement", répond l'historien Christophe de Voogt, interrogé par le journaliste néerlandais Stefan De Vries. A suivre le 23 septembre...

Reportage de Stefan de Vries et Guy Sabin.

L'invité : Michel Roger, ministre d'Etat de la principauté de Monaco

L’Union européenne veut s’associer plus étroitement avec les petites principautés qui l’entourent. Mais Monaco veut conserver ses spécificités. La négociation est-elle sans issue ? En exclusivité, Michel Roger, ministre d’Etat de la principauté de Monaco, chef du gouvernement, répondra aux questions de Véronique Auger et Stéphane Leneuf de France Inter.

La rédaction d'"Avenue de l'Europe, le mag" vous invite à réagir à l'émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #AVDLE.

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