Envoyé spécial, France 2

Envoyé spécial du jeudi 7 janvier 2016

a revoir

Présenté parGuilaine Chenu, Françoise Joly

Diffusé le 07/01/2016Durée : 01h45

Ce direct est terminé et sera disponible en rattrapage dans quelques minutes.

France Télévisions

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Il y a un an jour pour jour, le 7 janvier 2015, les frères Kouachi, lourdement armés, attaquaient le journal satirique Charlie Hebdo. Deux jours plus tard, Amedy Coulibaly tuait et prenait en otages des clients de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. Le 13 novembre dernier, de nouveaux attentats ont frappé la capitale, faisant 130 morts et des centaines de blessés.

L'année 2015 a été endeuillée et la population profondément marquée par ces attaques, qui ont suscité un sursaut républicain. "Envoyé spécial" propose une émission spéciale.

Attentats : réparer les vivants

Ils s’appellent Ophélie, Kévin, Claude-Emmanuel ou Robert. Economiste de renom, pompier ou employée d'une entreprise d'aéronautique, ils sont des survivants. Ils ont été touchés par les balles du 13 novembre, mais les kalachnikovs ne les ont pas atteints de la même manière. La balle qui a traversé le corps d'Ophélie, de l'omoplate gauche à la base de la gorge, n'a touché aucun organe vital. Hormis deux cicatrices, elle n'aura aucune séquelle. On ne peut pas en dire autant de Kévin, amputé de la moitié d'une jambe, ou de Robert qui, touché au visage, ne retrouvera probablement pas l'usage complet de la parole... 

Le retour à une vie "normale" est aussi une épreuve pour les rescapés qui n'ont pas été blessés. Ils sont atteints par le "syndrome du survivant", comme l'appellent les psychologues : un sentiment de culpabilité d'être encore là quand tant d'autres sont tombés. Pour "Envoyé spécial" diffusé le jeudi 7 janvier 2016, un an après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, Auriane Baudin a recueilli les témoignages de ces survivants et de leurs proches.

Un reportage de Auriane Baudin, Laure Granjon, Virginie Letendre, Frank Nosal et Simon Pigoy

Portrait de Zineb El Rhazoui

Pendant six mois, elle a changé de domicile tous les trois jours. Zineb El Rhazoui, journaliste franco-marocaine spécialiste de l'islam à Charlie Hebdo, fait l'objet de menaces répétées sur les réseaux sociaux : "Il faut tuer cette mécréante" peut-on y lire entre autres messages du même acabit. Elle est sous protection policière 24 heures sur 24 et sept jours sur sept: "Je suis la femme la plus protégée de France", explique-t-elle. Elle n'était pas dans les locaux de Charlie le 7 janvier 2015, mais sa vie a basculé ce jour-là. Aujourd'hui, elle tente de vivre comme si le danger n'existait pas. Sa façon de continuer à combattre le fondamentalisme, c'est de parler, encore et toujours : "Si je me tais, ils auraient gagné. S'ils sont tués, les collègues, c'est bien pour les faire taire. On ne va pas leur faire ce plaisir !" Pour "Envoyé spécial" diffusé le 7 janvier 2016, Virginie Vilar l'a suivie et a recueilli son témoignage.

Un reportage de Virginie Vilar, Antoine Husser, Martine Cargnino et Gaël Pouvreau.

La marche du 11 janvier

Une prouesse. Derrière cette marche exceptionnelle du 11 janvier 2015, ils sont nombreux à l'Elysée, à Matignon et dans les services de police à s'être démenés pour organiser "l'équivalent d'un G20 et d'un défilé du 1er-Mai" en quelques heures. Pour "Envoyé spécial", Lamia Belhacène les a rencontrés pour refaire le film de cet événement sans précédent. Dès le soir du 7 janvier, de nombreux Parisiens se réunissent spontanément place de la République en solidarité avec les victimes de Charlie Hebdo. Parmi eux, des responsables du Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire, est le premier, sur les réseaux sociaux, à appeler à une marche.

Syndicats, associations de défense des droits de l'homme et partis politiques se retrouvent bientôt dans un bureau de l'Assemblée nationale pour organiser une manifestation silencieuse. Puis Angela Merkel fait part à François Hollande de sa volonté d'être présente. Ensuite, le téléphone de l'Elysée ne cesse de sonner, à travers le monde, des dizaines de dirigeants s'invitent à cette manif qui a réuni plus de deux millions de personnes à Paris et plusieurs dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement.

Un reportage de Lamia Belhacène, Vincent Ligier, Sebastien Touta, Raoul Seigneur, Mathieu Huou, Richard Montrobert, Pierre Taillez et Sébastien Clech.

Les adeptes du soupçon

"On ne nous dit pas tout"... Nouvel ordre mondial, Illuminati, complexe militaro-sioniste, les figures de ceux qui tireraient les ficelles sont nombreuses. Mensonges, manipulation et désinformation seraient notre lot quotidien. La vérité est ailleurs, bien cachée... A chaque événement sa part de théorie du complot. Les "explications alternatives" aux convulsions du monde pullulent sur internet. Et les attentats de Paris ne dérogent pas à la règle. "Envoyé spécial" a enquêté sur ceux qui véhiculent ces thèses conspirationnistes... De simples citoyens qui "doutent" et publient des vidéos. Des "journalistes" autoproclamés qui veulent "réinformer". Ou encore de véritables militants politiques parfois stipendiés par des puissances étrangères. Les sites s'appellent Le Débrancheur, Le Cercle des volontaires, Panamza ou le Réseau Voltaire de Thierry Meyssan... "Envoyé spécial" dévoile les dessous du conspirationnisme à la française.

Un reportage de Paul Sanfourche, Tatiana Daligault, Elie Marot, Nils Montel et Mikaël Bozo.

"Charlie Hebdo" un an après... Peut-on rire de tout ?

Les islamistes ? "Ils nous traitent de dépravés alors qu'ils envoient leurs femmes se faire sauter en place publique !" Le ton est donné. Est-il trop tôt pour rire des attentats ? Pour Régis Mailhot, auteur de cette saillie, ou Christophe Alévêque, qui se produit à quelques dizaines de mètres de la place de la République, la réponse est claire : c'est non.
C'est moins évident pour Frédéric Fromet, qui chante l'actualité avec humour chaque semaine sur France Inter. Après sa chanson Coulibaly Coulibalo, diffusée le 21 janvier 2015, il a reçu de nombreuses menaces. Un anonyme a même appelé la police pour faire croire à une prise d'otages chez lui. Aujourd'hui, il se pose la question lorsqu'il s'agit d'aborder ce sujet... Pourtant, Charline Vanhoenacker, qui anime l'émission dans laquelle chante Frédéric Fromet, le dit sans ambages : ce jour-là elle a entendu un "supplément d'âme" aux rires du public. Un rire cathartique ?

Un reportage de Kristian Autain, Alexandre Mace-Dubois, Emilie Denis, Edouard Piquereau et Claire Aubinais. Commentaire : Eléonore Gay.

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