Envoyé spécial, France 2

"Envoyé spécial" du jeudi 2 février 2017

a revoir

Présenté parElise Lucet

Diffusé le 02/02/2017Durée : 02h50

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L’équipe d'"Envoyé spécial" nous entraîne dans ses aventures journalistiques, avec de l’investigation, des rencontres inédites, des face-à-face, des focus, du grand reportage, des portraits fouillés…

Au sommaire

Penelope Fillon : l'interview oubliée

Le magazine révèle de nouveaux éléments compromettants pour François Fillon : des extraits d'un entretien vidéo accordé par sa femme, en mai 2007, au quotidien britannique Sunday Telegraph. Penelope Fillon y déclare : "Je n'ai jamais été son assistante, ou quoi que ce soit de ce genre-là." Elle ne s'est "pas occupée de sa communication non plus", précise-t-elle.

Des propos tenus quelques jours après la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre, qui confirment les révélations parues dans Le Canard enchaîné. L'hebdomadaire soupçonne François Fillon et son suppléant à l'Assemblée Marc Joulaud d'avoir rémunéré son épouse Penelope en tant qu'assistante parlementaire pour plus de 830 000 euros. Ces soupçons d'emploi fictif ont justifié l'ouverture d'une enquête par le parquet financier.

Un sujet de Tristan Waleckx, Yvan Martinet, Pierre Monégier et Elise Le Guevel.

Les sœurs, les femmes cachées du jihad

Depuis 2012, près de 300 Françaises ont rejoint la Syrie. Dans le jargon jihadiste, on les appelle les "sœurs". La France a découvert leur existence le 8 septembre 2016 avec l’affaire dite des "bonbonnes de gaz", un commando de jeunes femmes arrêtées suite à la découverte d’une voiture piégée dans le quartier de la cathédrale Notre-Dame, à Paris.

Depuis plus d’un an, une de nos équipes a mené l’enquête sur ces femmes cachées qui jouent un rôle clé dans la sphère jihadiste. Leur outil de prédilection : Internet. C’est le plus souvent sur la Toile qu’elles rencontrent des recruteurs, préparent leur "hijra", leur départ en zone irako-syrienne ou, pire encore, fomentent un attentat en France. Nos journalistes ont réussi à convaincre certaines de ces "sœurs" de briser l’omerta et de livrer leur histoire, malgré les menaces. Ces jeunes femmes radicalisées ont parfois à peine 15 ans et sont issues de tous les milieux sociaux.

Au cœur de notre enquête, Rachid Kassim, un cadre français de Daech recherché par tous les services de renseignement occidentaux. Très actif sur Internet, on le soupçonne d’avoir commandité, depuis la Syrie, plusieurs attentats en France et d’avoir embrigadé de nombreuses "sœurs".

Un document de Marina Ladous, Roméo Langlois et Etienne Huver, coproduit par SlugNews, TV Presse et France 24.

USA : et si on jouait à être pauvre ?

Il s’agit d’un combat quotidien pour certains, mais pour d’autres, c’est un nouveau jeu à la mode : devenir pauvre le temps d’un week-end et vivre sans argent, sans toit, sans nourriture. Aux Etats-Unis, des stages quelques heures ou de plusieurs jours proposent aux participants de se glisser dans la peau de personnes sans domicile ou démunies. Nous aussi nous avons suivi ces stages.

Dans un lycée huppé du Texas, c’est désormais devenu un cours obligatoire. Pour mieux comprendre le quotidien d’une personne sans domicile fixe, les lycéens "s’habillent en pauvres" avant de dormir dehors. Un week-end organisé par un tour-opérateur de la pauvreté, avec ses "moments clés" : rencontre avec un "vrai" sans-abri, marche pieds nus dans les rues… L’objectif est de sensibiliser la jeunesse dorée à des problématiques bien éloignées des siennes.

A Flint, ville sinistrée du Michigan, une association propose une "formation express" : un jeu de rôles d’une heure chrono à la manière d’un Monopoly humain. Ils sont banquiers, professeurs, travaillent dans des associations et vont simuler la pauvreté : factures en retard, voiture en panne… Les participants parviendront-ils à boucler leur fin de mois ?

Alors qu’un homme d’affaires vient d’être élu président des Etats-Unis, que révèlent ces stages de la société américaine ? Comment sont-ils perçus par les plus démunis ? Cynisme absolu ou moyen efficace de sensibiliser les participants ?

Un reportage de Laura Aguirre de Carcer, Mathieu Dreujou et Marielle Krouk.

Anne Lauvergeon, l'enfant gâtée de la République 

Son fameux sourire a longtemps charmé les chefs d’Etat du monde entier. Pendant des années, l’ancienne patronne d’Areva a régné sur le nucléaire français. Jusqu’à la chute : son mari et elle sont impliqués dans l’affaire UraMin, le rachat par Areva de mines d’uranium qui se sont révélées trop chères à exploiter. Résultat : près de 3 milliards d’euros seraient partis en fumée.

En 2011, celle qui se voyait peut-être ministre un jour a tout perdu. La brillante ingénieure a pourtant connu une ascension incroyable. A seulement 30 ans, elle intégrait le cabinet du président de la République et devenait la chouchoute de François Mitterrand, qu’elle a accompagné jusqu’à sa mort. Cela lui a ouvert beaucoup de portes. Jusqu’à devenir, à une époque, l’une des femmes les plus puissantes de France. 

Du palais de l’Elysée aux coulisses d’une affaire d’Etat, le "Document de Complément d’enquête" revient sur le parcours d’une élève douée, adoubée par un réseau puissant et méconnu : le corps des Mines qui, depuis des décennies, place les siens aux postes clés du pays. Comment l’ex-sherpa de l’Elysée est-elle devenue "Atomic Anne", la championne du nucléaire français ? Quels sont les secrets de celle qui a côtoyé quatre présidents de la République ?

Après des mois de discussion, la mystérieuse Anne Lauvergeon a accepté de se confier. Le "Document de Complément d’enquête" brosse, en 52 minutes, le portrait de cette enfant gâtée de la République.

Une enquête de Laure Pollez, Benjamin Poulain et Frédérique Prigent.

La rédaction d'"Envoyé spécial" vous invite à commenter l'émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #EnvoyéSpécial.

COMMUNIQUE DE LA SOCIETE DES JOURNALISTES DE FRANCE 2

La Société des journalistes de France 2 s’associe à la rédaction d’"Envoyé spécial" pour démentir catégoriquement les propos tenus par François Fillon lors de sa conférence de presse du lundi 6 février 2017.

Le candidat des Républicains a accusé "Envoyé spécial" d’être "une émission à charge, où l’on a sciemment pris des morceaux de phrases retirés de leur contexte", faisant allusion à l’interview donnée par son épouse en 2007 à une journaliste du Sunday Telegraph et diffusée à la télévision pour la première fois jeudi 2 février 2017 sur France 2. Cette remise en cause du professionnalisme d'une émission de service public reconnue est totalement infondée.

François Fillon a prétendu que Kim Willsher, la journaliste du Sunday Telegraph, s’était "manifestée personnellement auprès de [s]on épouse pour lui dire à quel point elle était choquée par l'utilisation qui avait été faite des morceaux de cette interview".  

Dès la fin de la conférence de presse, les dires de M. Fillon ont été démentis à de multiples reprises par Kim Willsher elle-même, y compris auprès de l’AFP. Par téléphone, elle nous a indiqué n’avoir "jamais appelé Penelope Fillon ni François Fillon". "Je n’ai même pas leur numéro, s’est-elle étonnée. J’ai envoyé un mail à Penelope Fillon pour l’informer que ce n’était pas moi qui avais fourni les images, mais je n’ai jamais dit que les propos rapportés dans le reportage d’‘Envoyé spécial’ avaient été tronqués, déformés ou sortis de leur contexte."

Agacée de se voir attribuer par François Fillon des propos qu’elle n’aurait pas tenus, Kim Willsher a tweeté à 18h28 : "Non, M. Fillon, les propos d’‘Envoyé spécial’ n’ont pas été sortis de leur contexte. Le reportage ne m’a pas choquée. SVP, cessez de m’attribuer ces propos."

Malgré ces précisions, à 22h08, François Fillon a posté sur son compte Twitter les deux mails envoyés par Kim Willsher à Penelope Fillon, deux mails antérieurs à la diffusion d'"Envoyé spécial" et qui, de facto, ne remettent nullement en cause le travail de France 2. Encore une fois, François Fillon semble avoir parlé un peu vite.

Le reportage d’"Envoyé spécial" était un travail équilibré, donnant la parole à toutes les parties concernées. Les "morceaux de phrases [sic]" de l’interview de 2007 ont été précisément replacés dans leur contexte et diffusés sans montage sur plusieurs minutes. A la question "Est-ce que vous vous êtes impliquée dans ses campagnes ou sa carrière politique ?", la réponse complète de Penelope Fillon – déjà diffusée en l’état dans "Envoyé spécial" – était la suivante : "Oui, je l’ai fait. Je l’ai toujours accompagné dans ses campagnes électorales, les meetings, pour aider… Je faisais ce genre de choses, glisser des prospectus. Parce que j’aime bien… J’aime bien me mettre au fond de la salle et écouter les commentaires que les gens font sur ce qu’il dit. C’est quelque chose que je faisais quand il était maire de Sablé. J’allais dans les associations de personnes âgées, des choses comme ça, mais rien de plus, rien. Je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre. Je ne m’occupe pas non plus de sa communication."  

La Société des journalistes de France 2 et la rédaction d'"Envoyé spécial" réaffirment leur refus de voir leur travail – libre et indépendant – être ainsi injustement dénigré à des fins politiques par un candidat à l’élection présidentielle.

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