Des paroles et des actes, France 2

Ce qu’il faut retenir de François Fillon à DPDA

L'ancien Premier ministre était l'invité de l'émission sur France 2, jeudi soir. Francetv info résume l'essentiel de son intervention, sur le fond et la forme.

François Fillon, député de Paris et ex-Premier ministre sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes" de France 2, le 6 juin 2013.
François Fillon, député de Paris et ex-Premier ministre sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes" de France 2, le 6 juin 2013. ( FRANCE 2 / FRANCETV INFO)
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François Fillon a l'élection présidentielle de 2017 en ligne de mire. L'ex-Premier ministre l'a clairement fait comprendre, jeudi 6 juin dans l'émission "Des paroles et des actes", sur France 2. Voici ce qu'il faut retenir de ce rendez-vous, crucial pour lui.

L'enjeu : sa candidature à la présidentielle 2017

Pour François Fillon, l'objectif est d'arriver en position de force à la primaire de l'UMP de 2016, qui doit désigner le candidat UMP à l'élection présidentielle de 2017. Et donc, en creux, se démarquer de Nicolas Sarkozy dont il a été Premier ministre.

"J'ai été pendant 5 ans le chef du gouvernement, sous l'autorité de Nicolas Sarkozy. Je considère maintenant que je dois suivre mon propre chemin. Je veux aider mon pays à sortir du déclin. Je ne changerai rien à cet objectif que je me suis fixé", a-t-il annoncé dès le début de l'émission, pour clarifier sa positionPar la suite, François Fillon a quand même affirmé qu'il était candidat à la présidence de la République "par devoir" et non par envie. 

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La posture : s'affranchir de Nicolas Sarkozy

Pour François Fillon, réussir ce défi devait aussi passer par la posture. "J'ai beaucoup de respect pour Nicolas Sarkozy. Il peut avoir envie de défendre de nouvelles idées, de nouveaux projets. On débattra ensemble", a-t-il déclaré.

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L'ex-Premier ministre n'a ensuite pas hésité à rétorquer : "Le problème de la France ce n'est pas Nicolas Sarkozy, c'est François Hollande".

Interrogé plus tard sur ses rapports entre l'UMP et le Front national, François Fillon a indiqué qu'il appellera toujours à voter contre le parti d'extrême-droite. "Je considère que le FN est à la lisière du front républicain. Donc c'est un parti politique que je combats et avec lequel je me refuse toute alliance", a-t-il déclaré.

La phrase

"C'est une élection qui a été truquée, qui a été volée."

Interrogé par Nathalie Saint-Cricq sur son déchirement avec Jean-François Copé lors de l'élection pour la présidence de l'UMP, le 18 novembre 2012, François Fillon s'est montré virulent. Il n'a pas mâché ses mots et a qualifié la crise de très grave. "Cette élection était insupportable pour le parti, pour la démocratie", a-t-il ajouté.

S'il a reconnu que l'élection s'était mal passée, au risque de desservir sa cause, il a aussi affirmé qu'il avait tourné la page. "Il y a des moments dans la vie où l'on doit dire les choses. Ce qui s'est passé a blessé des militants. On m'a accusé de diviser notre famille politique. Mais je ne regrette rien." L'ex-Premier ministre a voulu apparaître comme rassembleur à un moment où la France traverse une "crise économique et morale".

La passe d'armes

François Fillon a débattu pendant 30 minutes avec Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget, successeur de Jérôme Cahuzac à Bercy. La santé économique de la France s'est tout de suite installée au cœur du débat. Technique, le débat est aussi resté très convenu entre les deux hommes. Chacun a campé sur ses positions politiques, à gauche ou à droite. Pas de moment tendu ou d'échange vif : la passe d'armes n'a pas été au-delà de la bataille de chiffres.

Les deux hommes se sont écharpés sur le montant du déficit. Ils ont cité des chiffres justes, mais n'en ont pas fait la même lecture. François Fillon s'est aussi montré critique vis-à-vis de l'action du gouvernement. Selon lui, elle n'est pas à la hauteur de l'état actuel de la France, et de la crise qu'elle traverse. "Vous avez balayé tout ce que nous avons mis en œuvre", a-t-il dit à Bernard Cazeneuve.

En revanche, les deux hommes sont tombés d'accord sur l'accord de flexi-sécurité du marché du travail, trouvé entre les partenaires sociaux et adopté par le Parlement le 14 mai. Même si, pour François Fillon, cet accord ne va pas assez loin.

La bourde

"Le scrutin des municipales est à un tour..." "Non, à deux !" Interrogé sur ses rapports entre l'UMP et le Front national, François Fillon a commis une erreur face au journaliste Jeff Wittenberg, en se trompant sur le mode de scrutin des élections municipales.

Les propositions marquantes

Sur le travail. "Il faut supprimer la durée légale du travail." François Fillon a dit à nouveau qu'il regrettait de ne pas avoir supprimé les 35 heures lorsqu'il était Premier ministre. Il souhaite supprimer la durée légale du travail et faire en sorte qu'elle soit négociée dans les entreprises.

Sur les retraites. "Il faut ramener tous les régimes sur les mêmes conditions", a estimé François Fillon, en réponse à une question de François Lenglet. Pour lui, le secteur public doit s'aligner sur le secteur privé. Il est également favorable au recul de l'âge légal de départ à la retraite, à 65 ans.

François Fillon s'est aussi prononcé en faveur d'une réduction de la politique d'immigration, contre la création de salles de shoot et a refusé les peines de probation. Des positions conservatrices ? "Il ne s'agit pas de faire rêver les Français, mais de leur reconstruire un avenir", s'est-il défendu en fin d'émission.