Des paroles et des actes, France 2

Ce qu'il faut retenir de Jean-Luc Mélenchon à DPDA

L'ex-candidat du Front de gauche et coprésident du Parti de gauche était l'invité, jeudi soir, de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2. L'essentiel sur le fond et la forme.

Capture d\'écran - Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l\'émission \"Des paroles et des actes\", jeudi 25 avril 2013.
Capture d'écran - Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l'émission "Des paroles et des actes", jeudi 25 avril 2013. (FRANCE 2 / FRANCETV INFO)
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Gaël CognéFrance Télévisions

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Quelques jours avant la grande manifestation du 5 mai pour une VIe République, le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon était l'invité, jeudi 25 avril, de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2. Une émission essentiellement tournée vers l'économie où l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle a défendu pied à pied ses idées, parfois radicales, face aux journalistes de France 2, à l'économiste Jacques Attali et au député UMP Benoist Apparu. Francetv info vous présente l'essentiel. 

Le style

Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon se montre acerbe lors d'une émission tendue d'un bout à l'autre, prenant à partie les journalistes, se montrant tantôt suspicieux, tantôt offensif. David Pujadas fait encore les présentations que le leader du Front de gauche raille le choix de Jacques Attali comme contradicteur de gauche : "C'est tout ce que vous avez trouvé pour la gauche ?" Il assume le qualificatif de "salopard" qu'avait utilisé un membre de son parti pour qualifier le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici. Comme à son habitude, il fait sourire. Après tout, "on a le droit de s'amuser". Mais pour le député UMP Benoist Apparu, Jean-Luc Mélenchon se livre surtout à un "one-man-show".

L'expression

"Je ne suis pas quelqu'un qu'on fait sauter à la corde."

Il la répète à deux reprises, dans deux contextes très différents pour souligner son indépendance. D'abord pour parler de l'opération transparence menée par François Hollande, dans la foulée de l'affaire Cahuzac. Invité à dévoiler son propre patrimoine, comme l'ont fait de nombreux députés, il rétorque : "La loi n'a pas été votée, j'ai donc raconté mon patrimoine et je me suis moqué des gens qui ont inventé ça. Je ne suis pas quelqu'un qu'on fait sauter à la corde ! C'est une pitrerie ! Ce qu'il faut, c'est publier la liste des gens qui sont dans les paradis fiscaux !"

Il réutilise l'expression, manifestement préparée à l'avance, pour évoquer la guerre au Mali, un peu plus tard. Alors que son parti s'est abstenu de voter la poursuite de la l'intervention française au Mali, il souligne que l'exécutif n'a pas répondu à certaines de ses questions : sous quel mandat la France est-elle intervenue ? Quels sont les buts de cette guerre ? A quelle autorité remettre les territoires reconquis ? "Je n'aime pas sauter à la corde."

Les points marquants

 
Les "solfériniens". Mélenchon fustige la politique du président de la République, mais sans rompre avec sa famille politique d'origine. "Ce n'est pas possible de se fâcher avec François Hollande, il faudrait avoir une discussion suivie", plaisante-t-il, avant de reproposer ses services comme Premier ministre ou, à défaut, ministre sous l'autorité d'Arnaud Montebourg. 
 
Pour autant, il laisse exploser sa colère contre les "solfériniens", une gauche affadie qui aurait renié ses engagements, notamment en renonçant à l'amnistie sociale. Une amnistie des violences syndicales que François Hollande lui aurait promis "les yeux dans les yeux".
 
"Regardez comment François Hollande a divisé la gauche ! Ces 'solfériniens' ont passé leur temps à nous diviser. Ne trahissez pas votre famille, rompez les rangs", a-t-il lancé à l'attention des députés socialistes.

"Rapport de forces". Jean-Luc Mélenchon n'a eu de cesse d'évoquer un "rapport de forces". A commencer par celui que devrait exercer, selon lui, la France face à l'Allemagne dans l'Union européenne. Par exemple, pour faire évoluer les statuts de la banque centrale.

Il est partisan d'un rôle actif de la Banque centrale européenne dans le soutien à l'économie, notamment, comme prônent certains économistes, via sa politique de taux d'intérêtsL'ex-candidat du Front de gauche propose aussi que "la Banque centrale (prête) directement aux Etats".

Sur un autre registre, Jean-Luc Mélenchon propose de sauver la zone euro "à nos conditions". En clair, ne pas payer toute la dette publique des Etats, car cela compromet tout effort de relance. Une mesure radicale jugée "impossible" par Jacques Attali, sur le plateau.

Reste qu'à la fin de l'émission, Benoist Apparu fait remarquer que Jean-Luc Mélenchon ne parvient pas à créer ce rapport de force avec le président François Hollande, comme avec la loi d'amnistie pour les syndicalistes. "A quoi servez-vous dans le paysage français ?", lui demande le député UMP.

Le clash

C'est la petite phrase qui agace Jean-Luc Mélenchon. Après un échange cordial, Jacques Attali lâche que les solutions économiques proposées par le coprésident du Parti de gauche sont "inapplicables", si ce n'est pas à l'échelle européenne, mais que "à l'échelle nationale, ça nous conduira à la Corée du Nord".

C'est la fin de cette séquence et Jean-Luc Mélenchon voit rouge : "La Corée du Nord, il n'y a rien de mieux pour finir. C'est pas bien, il s'en va sur la Corée du Nord. Ça, ça ne vous choque pas, ce n'est pas violent, c'est correct, c'est courtois, le socialiste s'en va en me traitant d'homme qui prépare la Corée du Nord."