Complément d'enquête, France 2

Complément d'enquête. Un patron à son salarié : "Je n'aime pas les Arabes"

Le 8 octobre sur France 2, "Complément d'enquête" lève les tabous du mal-être au travail. Avec un reportage sur un phénomène récent : une parole raciste chez certains patrons, décomplexée depuis les attentats contre "Charlie Hebdo" et la décapitation d'un chef d'entreprise en Isère. Voici un extrait d'une rare violence.

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Selon une étude de l'Institut Montaigne dévoilée dans "Complément d'enquête" jeudi 8 octobre, trouver du travail en France est presque quatre fois plus difficile pour un homme perçu comme musulman pratiquant que pour un catholique. Et depuis les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, puis la décapitation de ce chef d'entreprise de l'Isère au nom de Daech, une parole ouvertement xénophobe semble s'être "libérée" chez certains patrons de PME. "Mon patron préfère les Blancs", c'est le titre d'un reportage à voir dans le magazine. En voici un extrait.

Mustafa, qui endure depuis des semaines les brimades de son chef, a filmé avec son téléphone portable une scène d'une violence inouïe. Pendant une demi-heure, ce chauffeur dans une entreprise de transport routier va subir un déluge d'insultes de la part de son patron.

Où est-ce que t'as eu ton permis, toi ? Tu l'as eu en France, ton permis ? Non. Tu sais pas rouler un camion. Ecoute, Mustafa : tu rentres dans le rang... ou tu dégages ! (il crie) Tu dégages !

"Depuis qu'un patron s'est fait trancher la gorge, j'en ai jusque-là !"

"Mais j'ai rien dit, moi ! L'employé tente timidement de se défendre, ce qui ne fait qu'augmenter la colère de son supérieur.

"Ferme ta grande gueule ! (...) Moi, depuis qu'un patron s'est fait trancher la gorge, j'en ai jusque-là ! T'as compris, ça ? – Mais c'est pas pareil... risque Mustafa.Si, c'est pareil ! C'est exactement pareil ! Et j'ai envie, moi, moi... (il crie) de prendre un Arabe et de crac !, et de le mettre en haut de mon bâtiment."

"Et... t'as de la chance, poursuit le patron, enragé. Je n'aime pas les Arabes. Je N'AIME PAS les Arabes. Alors fais gaffe à toi, hein !"

De même que les discriminations raciales à l'embauche (qui peuvent être punies de trois à cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 à 75 000 euros d’amende), les injures ou diffamations raciales, même non publiques, sont réprimées par la loi, et exposent à une amende (de 750 euros pour une injure "non publique").

Extrait d'une enquête de Julien Daguerre, à voir le jeudi 8 octobre à 22h25 sur France 2.

(CAPTURE ECRAN / COMPLEMENT D'ENQUETE)