Complément d'enquête, France 2

Complément d'enquête : "Affaire Balkany, mariages chinois, le poids du scandale"

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Présenté parNicolas Poincaré

Diffusé le 04/06/2015Durée : 01h10

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"Je suis jeté aux chiens et à une sorte de justice en place publique qui rappelle les plus sombres périodes de l'Histoire", a déclaré dans un communiqué Patrick Balkany, le 18 mars dernier – le jour où le bureau de l'Assemblée nationale a décidé de lever son immunité parlementaire. L'indéboulonnable député-maire de Levallois l'assure : "Je ne démissionnerai pas."

Patrick Balkany avait été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, corruption et blanchiment de corruption en octobre dernier. Les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon enquêteraient sur un "schéma sophistiqué" de fraude "monté à des fins d'évasion fiscale", selon le quotidien Le Monde. Un système qui aurait été élaboré à l'aide de sociétés écrans et de comptes offshore derrière lesquels se cacheraient les époux Patrick et Isabelle Balkany. En outre, le cabinet d'avocats Claude & Sarkozy, dans lequel est associé l'ex-chef de l'État, "paraît avoir prêté son concours juridique à ce montage illégal", écrit le quotidien du soir.

Villas et commissions juteuses

Dans le volet fiscal, les juges enquêtent sur les véritables propriétaires de deux villas à Marrakech et aux Antilles, où réside régulièrement le couple Balkany. Les magistrats se penchent aussi sur une commission de 3,9 millions d'euros reçue dans le cadre d'un contrat pour lequel Patrick Balkany aurait servi d'"intermédiaire" en Namibie, en 2008. Dans le cadre de l'enquête, le cabinet d'avocats dont Nicolas Sarkozy est un associé a été perquisitionné le 21 mai dernier. Le couple Balkany est très proche de l'ancien chef de l'État.

Un patrimoine sous-évalué

Selon des informations recueillies par Europe 1, Patrick Balkany aurait "massivement" sous-évalué son patrimoine dans sa déclaration 2014 à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, une autorité administrative indépendante née de l'affaire Cahuzac. Patrick Balkany aurait déclaré 900 000 euros net de patrimoine, une somme bien peu élevée au vu de la somptueuse demeure du couple dans l'Eure, une résidence de 500 mètres carrés avec piscine et tennis estimée à 500 000 euros. Les Balkany n'en sont plus propriétaires car ils l'ont léguée à leurs enfants. S'agirait-il d'un jeu d'adresses ? Pour la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, il existe un sérieux doute quant à la sincérité des déclarations auxquelles sont tenus les Balkany en tant qu'élus. Et leurs 900 000 euros de patrimoine semblent fort modestes en regard des deux villas à Marrakech et aux Antilles où ils passent l'essentiel de leurs vacances.

Patrick Balkany, aujourd'hui privé de son immunité parlementaire, sans passeport, est pourtant toujours député-maire, réélu depuis trente ans malgré les scandales qui se succèdent. Comment les époux Balkany font-ils face à la pression politique et médiatique ? La dénonciation des affaires politico-financières doit-elle être systématique ?

À Tours, le scandale dit des "mariages chinois" a pris une tournure dramatique. Poursuivi pour complicité de prise illégale d'intérêts et détournement de bien public, l'ancien maire de la ville, Jean Germain, s'est suicidé quelques heures avant l'ouverture de son procès, le 7 avril 2015. De 2007 à 2011, la Ville de Tours avait en effet passé des marchés avec la société Time Lotus Bleu pour l'organisation, contre espèces sonnantes et trébuchantes, de "noces romantiques à la française", sous les ors de la mairie, pour des dizaines de couples chinois. L'ancien maire n'a peut-être pas supporté le déshonneur, ni la pression.

Au sommaire :

Au cœur du système Balkany

Le couple Balkany a fait de Levallois la place forte de son pouvoir. La justice soupçonne que leurs responsabilités politiques ont permis aux deux élus de s'enrichir, notamment grâce aux nombreux programmes immobiliers de la ville. Romain Verley et Philippe Maire ont recueilli des témoignages exclusifs sur des méthodes parfois musclées et sur d'étonnants montages financiers.

Le déshonneur ou la mort

Jean Germain, sénateur et ancien maire de Tours, s'est suicidé au premier jour du procès dans lequel il devait répondre de détournement de bien public. Il s'était retrouvé mêlé à l'affaire dite des "mariages chinois", des cérémonies fictives et payantes qui se tenaient en mairie. Un petit scandale local aux conséquences dramatiques. Un reportage d'Irène Bénéfice et Pierre Le Baud.

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