Toi aussi, parle le socialiste en période de crise. Un peu comme une nouvelle version du "ni oui ni non", c'est le "ni austérité ni rigueur". Membres du gouvernement et députés de la majorité sont devenus les rois de la périphrase, de l'euphémisme, les princes du contournement et de la formule détournée pour parler de leur politique au sujet des dépenses publiques. Ils ont une contrainte : tenir compte du contexte économique, comme le montrent déjà les premières mesures prises par l'exécutif.

Mais pas question de prononcer le mot de "rigueur", ni même d'utiliser le néologisme de Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), qui a évoqué la "rilance" (mélange de rigueur et de relance). Du coup, les socialistes parlent d'"efforts", comme Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, ou encore Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, mais uniquement s'ils sont "justes". Quant au ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, il préfère la formule alambiquée de "redressement dans la justice". Plus directe, Elisabeth Guigou, député socialiste de Seine-Saint-Denis, reconnaît un objectif de "maîtrise des dépenses".

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, à Bruxelles (Belgique), le 21 juin 2012.
Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, à Bruxelles (Belgique), le 21 juin 2012. (GEORGES GOBET / AFP)