VIDEO. La France des "petits blancs"

Dans un livre, Aymeric Patricot dresse le portrait de ces Français qui se sentent déclassés, abandonnés par les politiques et se disent taxés de racisme. France 2 a enquêté.

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GUILLAUME DARET ET ALEXIS JACQUET - FRANCE 2

Mis à jour le , publié le

"On a l'impression qu'on ne nous aide pas, qu'on fait rien pour nous", confie une passante. "Il y a un manque de place, de logements, de tout, pour nous", renchérit une autre. Ces Français vivent en banlieue, dans les campagnes ou dans les zones qui ont souffert de la désindustrialisation. Pauvres ou modestes, ils un point commun : ils éprouvent un sentiment de déclassement, de paupérisation et se sentent exclus, délaissés par les politiques.

Aymeric Patricot, agrégé de lettres et professeur dans la banlieue parisienne, les appellent "les petits blancs". Il a recueilli leurs témoignages dans un livre qui décrypte cette évolution de la société française. Leur malaise se double d'un ressentiment à l'égard des populations immigrées, qu'ils estiment mieux traitées, souligne-t-il.

Avec la crise, les Français se montrent de plus en plus durs

Confirmation dans la rue. "Je suis un étranger dans la ville", juge un homme. "Dès qu'on dit un truc, on nous répond : 'Vous êtes racistes.' On vous jette la pierre. Ils ont tous les droits. Maintenant, ils le prennent, le droit", estime une autre. "C'est pas les Français les plus racistes en général, tout le monde le sait", assure une troisième.

Gaël Sliman, politologue et directeur général adjoint de BVA, appuie cette analyse : "Depuis ces trois ou quatre dernières années, avec la crise, les Français se montrent de plus en plus durs et ont une tendance à se refermer." Certains de ces "petits blancs" votent pour les extrêmes, de gauche comme de droite. Mais la plupart sont des abstentionnistes qui n'ont plus l'impression d'être représentés par les politiques.

Des passants dans une rue.
Des passants dans une rue. ( FRANCE 2 / FRANCETV INFO)