Taxe carbone : le gouvernement cède à la pression des écolos

La création d'une "contribution climat-énergie" annoncée jeudi répond à une vieille revendication des écologistes.

Les ministres de la Justice, Christiane Taubira, du Logement, Cécile Duflot, du Développement, Pascal Canfin, et de l'Ecologie, Philippe Martin, participent aux journées d'été d'EELV, le 22 août 2013 à Marseille.
Les ministres de la Justice, Christiane Taubira, du Logement, Cécile Duflot, du Développement, Pascal Canfin, et de l'Ecologie, Philippe Martin, participent aux journées d'été d'EELV, le 22 août 2013 à Marseille. (FRANCK PENNANT / AFP)
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Quinze mois après le début de leur participation au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, les écolos montrent les muscles. Réunis à Marseille pour l'ouverture de leur université d'été, jeudi 22 août, les principaux leaders d'Europe Ecologie-Les Verts ont solennellement appelé François Hollande à "changer de cap" pour la suite de son quinquennat. Transition énergétique, fiscalité écologique... Pour eux, le compte est loin d'y être. 

Une impatience de plus en plus forte, mais qui pourrait porter ses fruits. Invité à participer à un débat sur "l'an II du quinquennat", le ministre socialiste de l'Ecologie, Philippe Martin, en a profité pour annoncer la création d'une "contribution climat énergie", plus connue sous le nom de "taxe carbone". Le gouvernement répond ainsi à une revendication forte des écologistes, qui avaient d'ailleurs déposé récemment une proposition de loi en ce sens à l'Assemblée. Ce nouvel impôt, dont "le montant et le rythme" doivent encore être débattus, vise à encourager particuliers et entreprises à des comportements plus écologiques, en taxant les consommations d'énergies polluantes.

Venu avec plusieurs cadeaux dans sa hotte, Philippe Martin a également annoncé avoir "obtenu" que le budget 2014 de l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), "bras armé" de son ministère, soit rehaussé au niveau de celui de 2013. Là encore, il s'agissait d'une revendication des écologistes. "La transition écologique n'est pas une option politicienne, c'est une nécessité politique", martèle le ministre, en répétant son opposition au gaz de schiste et aux OGM, et en réitérant la promesse d'une fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim avant la fin du quinquennat.

"Que l'on passe des discours aux actes !"

De quoi tempérer les ardeurs des écolos ? En partie, peut-être. Car toute la journée, leurs principales vedettes - de Jean-Vincent Placé à Eva Joly en passant par José Bové - n'ont eu de cesse de répéter que le gouvernement devait "accélérer" sur les questions environnementales. "On ne peut plus attendre", martèle la co-présidente des députés EELV, Barbara Pompili. "Que l'on cesse les annonces, et que l'on passe des discours aux actes !", insiste le secrétaire général du parti, Pascal Durand. 

Pour les Verts, trois points sont primordiaux : préserver le budget du ministère de l'Ecologie, avancer sur la question de la transition énergétique, et adopter des mesures de fiscalité écologique. "Si ces rendez-vous étaient manqués, nous devrions en tirer les conséquences", met en garde le ministre écologiste Pascal Canfin, en laissant planer une nouvelle fois l'ombre d'une sortie des Verts du gouvernement. 

A un peu plus de six mois des élections municipales, les écolos veulent accentuer la pression sur leur partenaire socialiste. François Hollande répète régulièrement qu'il espère des listes communes PS-EELV dès le premier tour dans plusieurs villes. "Pour ça, c'est à lui de nous donner des gages de sa volonté d'agir vraiment pour l'écologie", résume un élu local bordelais. La création prochaine de cette fameuse "contribution climat énergie" en est un, au risque de semer la zizanie au sein de la majorité. Pas plus tard que mardi, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, mettait en garde contre "le ras-le-bol fiscal" des Français. Il n'a visiblement pas été entendu.