Une large majorité des Français souhaite que les élus déjà condamnés soient inéligibles

Les personnes interrogées par OpinionWay estiment, à plus de 70%, que les politiques déjà condamnés pour fraude, corruption ou détournement de fonds, ne doivent jamais se représenter à une élection, selon un sondage dévoilé par "Le Monde" lundi 24 novembre.

L'Assemblée nationale durant des questions au gouvernement, le 27 novembre 2012.
L'Assemblée nationale durant des questions au gouvernement, le 27 novembre 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)
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Haro sur les élus fraudeurs. 73% des Français estiment qu'un élu déjà condamné pour fraude fiscale ne doit pas pouvoir se représenter à une élection, selon un sondage effectué par Opinionway pour Powerfoule.org et révélé par Le Monde, lundi 24 novembre. Ils sont 84 % à penser de même dans les cas de corruption, et 85 % en cas de détournement de fonds publics.

Quelque 90% des sondés pensent que la fraude fiscale est largement répandue parmi les élus français. Et tous les partis semblent en disgrâce auprès des Français consultés. Seul le Front National apparaît, pour 24% d'entre eux, en capacité de lutter contre la corruption, la fraude fiscale et le détournement de fonds publics, suivi du Parti Socialiste pour 13% des sondés.

Ces élus condamnés et réélus

Des parlementaires ont fait des propositions pour durcir les sanctions contre les élus fraudeurs et corrompus. Le député UMP de la Loire, Dino Cinieri, a déposé, il y a quelques jours, une proposition de loi visant à instaurer une peine d’inéligibilité perpétuelle pour les élus condamnés pour des faits de fraude fiscale ou de corruption, rappelle Le Monde. A 95%, les personnes interrogées souhaitent que ces mesures soient inscrites à l'ordre du jour au Parlement.

Cette volonté exprimée dans ce sondage est un peu en décalage avec la réalité. Ainsi, de nombreux élus condamnés sont réélus. 400 hommes et femmes politiques seraient aux prises avec la justice ou ont été condamnés, selon l'ouvrage Délits d'élus de Graziella Riou Harchaoui et Philippe Pascot. Ainsi, Patrick Balkany, maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a été réélu aux élections municipales de mars. Pourtant, l'élu a été condamné à plusieurs reprises au cours des dix-huit dernières années, notamment pour "prise illégale d'intérêt", rappelle Le Monde. Manuel Aeschlimann, condamné à dix-huit mois de prison avec sursis en 2011 pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics, a été réélu le 30 mars dernier maire UMP d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine)La gauche n'est pas épargnée. Le socialiste François Bernardini a été réélu à la tête d'Istres (Bouches-du-Rhône). En 2002, il avait été condamné à cinq ans d'inéligibilité à la suite d'affaires de détournement de fonds publics.

Enfin, l'homme politique de l'année selon GQ, celui qui fait aussi la une des Inrocks sous le titre "Juppémania", a été aussi condamné. Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux et candidat à la primaire UMP pour la présidentielle de 2017, a été sanctionné en 2004 d'un an d'inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, et de 14 mois de prison avec sursis. 

Enquête réalisée en ligne les 19 et 20 novembre 2014 à partir d'un échantillon de 1 016 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.