UMP : comment Nicolas Sarkozy a réparti les rôles entre NKM et Wauquiez

Nicolas Sarkozy peaufine son nouvel organigramme. Nathalie Kosciusko-Morizet a été nommée jeudi vice-présidente du mouvement, Laurent Wauquiez secrétaire général. Un équilibre subtil.

Nicolas Sarkozy, le 1er décembre 2014, au siège de l'UMP à Paris.
Nicolas Sarkozy, le 1er décembre 2014, au siège de l'UMP à Paris. (MICHAEL BUNEL / NURPHOTO)

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Qui a gagné, qui a perdu ? Elu dimanche à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy n'a pas encore rendu public l'intégralité du nouvel organigramme de son parti. Mais l'ancien chef de l'Etat a nommé à des postes importants deux quadragénaires, qui l'ont soutenu lors de sa campagne. Nathalie Kosciusko-Morizet sera donc vice-présidente de l'UMP et Laurent Wauquiez secrétaire général du mouvement.

Si ces deux-là affichent un profil de premier de la classe, ils montrent toutefois quelques divergences sur la ligne à suivre. NKM est plutôt centriste, tandis que Laurent Wauquiez cherche à récupérer l'électorat Front national en pourfendant l'"assistanat" ou l'aide médicale d'Etat. Focus sur la répartition des rôles voulue par Nicolas Sarkozy.

Nathalie Kosciusko-Morizet, pour rassembler

Numéro 2 du parti. Que désirer de plus ? A 41 ans, Nathalie Kosciusko-Morizet coche les unes après les autres les cases d'une carrière politique à succès. Quitte à avaler quelques couleuvres. En 2012, par exemple, elle avait dû cautionner à contrecœur la campagne présidentielle aux accents droitiers de Nicolas Sarkozy, voulue par Patrick Buisson.

Nicolas Sarkozy lui rejoue-t-il le même tour ? Certes, elle hérite du titre de vice-présidente de l'UMP, et "les secrétaires nationaux thématiques lui seront rattachés". Mais quel sera son pouvoir ? L'ex-ministre de l'Ecologie semble douter elle-même de la réalité de ses fonctions. Selon L'Opinion, d'ailleurs, "cela a failli être non ! (...) Pendant trois jours, elle a refusé le poste de vice-présidente de l'UMP que lui proposait le nouveau président du parti".

Elle désirait en effet le poste de secrétaire général, finalement confié à Laurent Wauquiez. Elle ne l'obtient pas mais aura, selon son entourage, cité par l'AFP, une "totale liberté de parole sur tous les sujets". Son désaccord affiché avec Nicolas Sarkozy, qui a affirmé le 17 novembre vouloir abroger la loi Taubira, n'a pourtant pas été bien perçu. Mais grâce à elle, l'ex-chef de l'Etat se pose en rassembleur de sensibilités diverses. Et ne ferme pas la porte à un électorat de sensibilité centriste, ou progressiste en matière de mœurs.

Laurent Wauquiez, pour durcir la ligne

A l'inverse, Laurent Wauquiez incarne une ligne plus à droite. Numéro trois sur le papier, il aura dans la réalité la main sur l'organisation et "le contrôle des choix opérationnels". Il sera aussi "chargé des fédérations, des élections, des adhésions et de la formation des élus".

Autant dire qu'il devra préparer les échéances électorales de 2015. Avec en ligne de mire les départementales et les régionales. Une sévère défaite est promise au PS, parti gouvernemental plombé par les mauvais chiffres du chômage et la faible cote de popularité du président de la République. Mais l'ampleur de l'éventuelle victoire de l'UMP dépendra surtout des croupières que lui taillera ou non le Front national.

Face à une Nathalie Kosciusko-Morizet perçue comme trop parisienne, Laurent Wauquiez serait jugé davantage capable de relever le défi. Il a voté contre le mariage homosexuel et s'est joint aux combats de la Manif pour tous. Dans un livre récent, il s'en est pris à l'Europe telle qu'elle s'est construite, estimant qu'"il faut tout changer". Il dénonce aussi volontiers l'"assistanat" ou l'aide médicale d'Etat. Bref, tous les thèmes sur lesquels surfe le Front national.