Les sénateurs UMP se sont octroyé 8 000 euros d'étrennes chaque Noël pendant dix ans, selon Mediapart

Ce "treizième mois" aurait été versé de 2003 à 2014, selon le site d'information.

Le président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan, aux côtés de Roger Romano et de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le 2 octobre 2007 au Sénat.
Le président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan, aux côtés de Roger Romano et de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le 2 octobre 2007 au Sénat. (THOMAS COEX / AFP)

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Un cadeau de Noël des plus discrets. Selon Mediapart, les sénateurs UMP ont touché de 2003 à 2014 des "étrennes" d'un montant de 8 000 euros lors des fêtes de fin d'année, sous forme de chèque. Le nouveau président du groupe (désormais rebaptisé Les Républicains), Bruno Retailleau, les a supprimées.

Si l'on en croit le site d'investigation, la distribution durait deux jours, le temps que les sénateurs du parti (plus de 140) défilent dans le bureau de la comptable du groupe UMP. L'argent était "extrait des caisses du groupe UMP" du Sénat pour être versé à ses membres. Au total, quelque 15 millions d'euros auraient été ainsi distribués en douze ans.

Un "treizième mois comme dans les entreprises"

"Les patrons successifs du groupe (Josselin de Rohan, Henri de Raincourt, Gérard Longuet puis Jean-Claude Gaudin)", explique Médiapart, avaient à cœur de personnaliser ce cadeau en y joignant un petit mot, ou un stylo. 

Joint par le site, Josselin de Rohan, président du groupe UMP de 2002 à 2008, s'est défendu en estimant qu'il s'agissait d'un "treizième mois comme dans les entreprises". Il a précisé à Mediapart qu'il s'agissait de rendre à la fin de l'année aux sénateurs la cotisation qu'ils versaient à leur groupe (720 euros par mois), ce qui permettait "une avance de trésorerie".

Une pratique terminée

L'argent était celui du groupe UMP, qui provient pour l'essentiel de subventions publiques et sert en principe à organiser les travaux parlementaires, à recruter des collaborateurs ou à des fins de communication.

Elu en octobre 2014 à la tête du groupe UMP, le filloniste Bruno Retailleau a décidé de mettre fin à cette pratique. Parallèlement, il a divisé par sept les cotisations des sénateurs, les ramenant "à 100 euros par mois", selon Mediapart. Un sénateur, rappelle le site d'investigation, "touche 5 400 euros net par mois, auxquels s’ajoutent une indemnité de 6 000 euros net pour ses frais de mandat et une enveloppe de 7 500 euros brut pour rémunérer son équipe d’assistants".