Rouges, bleus, verts, jaunes : les bonnets, stars de la protestation

Le succès de ce symbole de la mobilisation contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne donne des idées à d'autres mouvements, qui tentent de faire entendre leurs revendications.

Les "bonnets rouges" manifestent, place de la Résistance à Quimper (Finistère), le 2 novembre 2013, contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne.
Les "bonnets rouges" manifestent, place de la Résistance à Quimper (Finistère), le 2 novembre 2013, contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne. (MAXPPP)
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Les bonnets se déclinent désormais dans tous les coloris. Et pas uniquement dans les pages du catalogue d'Armor Lux. Comme pour les "pigeons" qui avaient fait des petits - les "poussins" puis les "plumés" - le mouvement des "bonnets rouges", mobilisé contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne, donne des idées à d'autres qui tentent de faire entendre leurs revendications. Francetv info dégaine son nuancier.

Les autres "bonnets rouges"

Sur Twitter, des comptes locaux de "bonnets rouges" se multiplient, qui tentent d'étendre la révolte bretonne "contre le matraquage fiscal" à Paris, dans les Yvelines, dans l'Oise, en Charente, dans la Sarthe ou encore en Haute-Savoie. Les "bonnets rouges Paris" appellent ainsi à manifester dans la capitale à l'occasion du 11-Novembre. Ils réclament "l'armistice fiscal". Tous ces comptes ont rarement plus de quelques centaines d'abonnés. Pas sûr que leur mouvement fasse tache d'huile. 

Les "bonnets verts"

Des usagers des transports se sont baptisés "bonnets verts", fin octobre. Ils s'opposent à la hausse de la TVA sur les transports publics qui doit passer de 7% à 10% le 1er janvier 2014. Mécaniquement, cette nouvelle hausse devrait se traduire par une augmentation des tickets de TGV, TER, RER, métro, tramway et bus partout en France.

Le mouvement d'inspiration écologique a lancé une pétition via sa page Facebook. Impulsé par l'Avuc, l'Association des voyageurs-usagers des chemins de fer, rapporte Le Figaro, il appelle ceux qui le rejoignent à arborer un bonnet vert lors de leurs déplacements.

Autre clin d'œil aux "bonnets rouges", ses initiateurs invitent Armor Lux, qui a fourni des bonnets rouges à une partie des manifestants bretons, à coiffer également les usagers des transports. 

Les "bonnets roses"

La Manif pour tous a, elle aussi, flairé la tendance. Ses miliants n'ont pas pour autant délaissé leurs drapeaux et leurs sweats roses et bleus. Mais un compte Twitter et une page Facebook arborant un bonnet rose ont vu le jour, jeudi.

Six mois après l'adoption de la loi autorisant les couples homos à se marier, leurs revendications se sont élargies : ils sont contre la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA), mais aussi contre la réforme des rythmes scolaires et "le matraquage fiscal des familles". Ils ciblent cependant toujours la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Les autres "bonnets roses", devenus "bonnets oranges"

D'autres "bonnets roses" ont vu le jour. Ils ont changé de couleur et sont passés à l'orange, vendredi 8 novembre, afin d'éviter les confusions. Car ces "bonnets oranges" protestent contre la hausse de la TVA sur les centres équestres.

A partir de 2014, ils ne bénéficieront plus du taux réduit à 7% et passeront au taux le plus élevé, à 20%. Cette décision vise à les mettre en conformité avec la règlementation européenne, sous peine de sanctions. La Commission européenne estime que le taux réduit ne doit concerner que la vente de chevaux pour l'alimentation ou la production agricole et ne doit donc pas être appliqué aux loisirs.

Jeudi, quelques dizaines de ces "bonnets oranges" ont manifesté, à pied et à cheval, dans les rues de Rouen, comme ils le montrent sur leur compte Twitter. 

Les "bonnets bleus"

Bleu comme la couleur de leur uniforme. Eux aussi ont leur incontournable page Facebook. "Poulets oui, pigeons non !", clament-ils. Ces policiers se sont toutefois déplumés pour coiffer le bonnet, plus à la mode. Leur mouvement a été lancé par le syndicat Unité SGP Police-FO, mardi, à l'occasion d'une manifestation à Marseille (Bouches-du-Rhône), écrit le JDD.

Ils protestent contre le "blocage des salaires", "la baisse de l'indemnité spécifique des risques pour les plus jeunes agents", les conditions de travail "très dégradées", le budget "en baisse" et les moyens "volontairement sous-évalués".

Les "bonnets blancs"

Ceux-là s'opposent à la réforme des rythmes scolaires et fustigent le ministre de l'Education, Vincent Peillon. Sur leur page Facebook, créée mardi également, ils se disent "pour une France libre de choisir ce qui est bon pour ses têtes blondes !" Ils appellent à la grève, les 13 et 14 novembre prochains, et menacent de manifester début décembre.

Les "bonnets jaunes"

Ce sont les derniers tricotés. Leurs porteurs réclament la "liberté de choisir" leur complémentaire santé.

Alors que sept Français sur dix s'inquiètent des évolutions du système de santé, selon un baromètre du cabinet Epsy pour la Fnim (fédération de mutuelles) relayé par L'Express mercredi, ces "bonnets jaunes" exigent "une remise à plat du système de sécurité sociale français". Ils ont évidemment leur compte Twitter, ouvert jeudi.