Scandale Cahuzac, crise, plans sociaux et violences autour du projet de loi sur le mariage des homosexuels, François Hollande a besoin de tourner la page. Selon différentes sources proches du chef de l'Etat, l'hypothèse d'un remaniement du gouvernement pour relancer son action se précise. Devant une poignée de parlementaires le 19 avril, le président lui-même a évoqué "un nouveau dispositif politique". Francetv info revient sur ce que l'on en sait. 

Jean-Marc Ayrault n'est pas menacé

Selon Le Parisien (article abonnés), le Premier ministre resterait en place. "'Si je remanie, je garde Jean-Marc, mais je resserre l’équipe', a lâché Hollande en petit comité", raconte le quotidien. Le président en aurait besoin jusqu'aux élections régionales de 2015. "Dans un quinquennat, on ne peut pas se permettre d'avoir plus de deux Premiers ministres, sinon ça veut dire qu'il y a eu une erreur quelque part", explique d'ailleurs un ministre proche du chef de l'Etat à L'Express.fr

"Un remaniement, avec changement de Premier mi­nistre, ne peut être que le résultat d'une nouvelle stratégie politique, (...) On n'y est pas", explique un hollandais dans Le Figaro. "Il prend son rôle comme une mission, il fait face", souligne un autre ministre interviewé par Le Parisien. "Je crois profondément que Jean-Marc Ayrault a le caractère, la personnalité de ce temps de l'effort", abonde Michel Sapin sur BFM TV.  

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"Je me donne totalement à ma mission, plus que jamais, parce que cette mission m’anime", dit en écho le principal intéressé, dans une interview accordée à 20Minutes. Et de mettre en valeur le "sang froid" dont il "est doté"

Vers un gouvernement resserré 

"Il s'agirait de mettre sur pied un gouvernement resserré, un 'carré de combat' face à la crise", glisse un ministre aux Echos (article abonnés). De quoi améliorer le fonctionnement du pouvoir et atténuer les couacs, décrypte le quotidien économique.

Dans Le Figaro, un poids lourd du gouvernement "plaide notamment pour une architecture gouvernementale 'plus simple', resserrée (une vingtaine de ministres)", tandis qu'un autre acquiesce : "L'idée d'un gouvernement resserré, au sens du pack rugbystique, autour des objectifs de redressement, d'emploi et de croissance aurait du sens." 

Dans le viseur, les petits portefeuilles dont les titulaires restent inconnus du grand public. Mais pas seulement. "La ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, est ainsi jugée 'décevante'", tandis que "Cécile Duflot, jugée 'très bonne', est susceptible de prendre du galon", écrit Le Parisien

L'équipe de Bercy serait allégée

Le ministère de l'Economie et des Finances, fort de sept ministres qui se marchent dessus et ne tirent pas tous dans le même sens, est l'objet de toutes les attentions. Mais l'opération s'annonce périlleuse. Impossible notamment d'évincer Arnaud Montebourg, dont la présence au gouvernement rassure l'aile gauche du PS.  

"L’idée fait son chemin 'd’exfiltrer' Montebourg, en lui confiant le prestigieux maroquin de la Justice, son dada. Quant à Mosco, certains le verraient bien au Quai d’Orsay", croit savoir Le Parisien. 

Un calendrier encore flou 

Le timing est complexe. Dans Le Parisien, un "ministre du premier cercle" explique : "Il ne fallait pas le faire au moment de l'affaire Cahuzac, cela aurait donné l’impression que les partants étaient coupables comme lui." Mais maintenant que le plus dur semble passé, plusieurs membres de la majorité, Claude Bartolone en tête, réclament une deuxième étape. 

Selon Les Echos, "deux dates circulent : avant l’été et, plus fréquemment, la rentrée de septembre. Le temps de voir l’issue des élections allemandes, sur laquelle [François Hollande] compte pour faire bouger l’Europe". Objectif, limiter la casse aux élections municipales de 2014.