Fleur Pellerin : "Je n’ai pas voulu être la ministre de l’entre-soi"

Dans une interview à "L'Obs", l'ancienne ministre de la Culture et de la Communication, débarquée sans ménagement, dresse un bilan de son passage au gouvernement.

Fleur Pellerin lors de la passation de pouvoirs avec Audrey Azoulay, au ministère de la Culture, à Paris, le 12 février 2016. 
Fleur Pellerin lors de la passation de pouvoirs avec Audrey Azoulay, au ministère de la Culture, à Paris, le 12 février 2016.  (VILLARD / SIPA)

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Elle fait partie des débarqués du dernier remaniement. Dans une interview à L'Obs, Fleur Pellerin reconnaît avoir été "choquée" en apprenant, quelques minutes seulement avant l'annonce officielle, son remplacement au ministère de la Culture et de la Communication par Audrey Azoulay, jeudi 11 février. Elle dresse le bilan de ses quatre années passées au gouvernement, à l'Economie numérique, au Commerce extérieur puis à la Culture. 

"Je n’ai pas voulu être la ministre de l’entre-soi", déclare-t-elle au sujet de son portefeuille à la Culture, décrivant "un milieu parisien, autocentré". "Quand je lis que j’ai un bilan mitigé, que je ne suis pas très populaire dans les milieux culturels, je me demande de qui on parle. De ceux qui sont très présents sur les plateaux de télévision et dans les cocktails parisiens ? Ou de ceux qui participaient aux Assises de la jeune création que j’ai organisées ?" lance-t-elle.

"'Va au spectacle et flatte !', m'a dit Hollande"

Fleur Pellerin ne mâche pas ses mots à l'égard de François Hollande : "'Va au spectacle et flatte !' : j’avais pris ces mots du président pour une boutade, en fait, ils étaient ma feuille de route", poursuit l'ancienne ministre. 

Elle revient également sur l'incident autour du Prix Nobel de littérature 2014, Patrick Modiano, dont elle avait avoué n'avoir rien lu. "La fin de ma phrase, 'alors qu’avant je lisais beaucoup…', a été tronquée pour faire de moi une ministre inculte et illettrée. Je n’allais pas dire : 'Je n’ai peut-être pas lu Modiano, mais j’ai lu 'Ulysse' en anglais et tout Musil en allemand'", se justifie-t-elle aujourd'hui. 

"Mon bilan de communication est mitigé"

"Mon grand regret est d’avoir mal su expliquer ce que j’étais en train de faire à la tête de ce ministère, poursuit Fleur Pellerin. Je suis fière de mon bilan d’action. C’est mon bilan de communication qui est mitigé."

L'ex-ministre se projette maintenant dans le futur : "Je ne peux pas imaginer une seconde ne pas jouer un rôle dans le destin de ce pays. Je prendrai une initiative dans les prochaines semaines. Je suis et je resterai une militante du changement."