"Touche pas à l'Alsace !" : à Strasbourg, le cri des manifestants contre la fusion des régions

Dans une forêt de drapeaux régionaux rouges et blancs, ils manifestent pour exprimer leur rejet de la fonte avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

DEs manifestants, contre la fusion de l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, le 11 octobre à Strasbourg.
DEs manifestants, contre la fusion de l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, le 11 octobre à Strasbourg. (FREDERICK FLORIN / AFP)
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Ils sont 10 000 selon les organisateurs, 6 500 selon la police. Samedi 11 octobre, une foule de manifestants s'est réunie place de Bordeaux à Strasbourg. Un rassemblement "festif" à Strasbourg (Bas-Rhin) à l'appel de la droite locale, contre la réforme territoriale qui prévoit de marier l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

Sous un soleil généreux, certains arborent des drapeaux rouge et blanc de l'Alsace. Des concerts de groupes régionaux étaient programmés sur une grande scène installée pour l'occasion, et bordée de stands culinaires proposant entre autres d'inévitables bretzels.

"Il faut que chacun puisse garder ses coutumes"

Parmi les arguments des manifestants, on retrouve d'abord la volonté de préserver une identité régionale. "Les régions font la richesse de la France, on ne peut pas tout mélanger, argumente une manifestante interrogée par France 3. Il faut que chacun puisse garder ses coutumes."

D'autres protestent contre une réforme qui aboutirait, selon eux, à appauvrir l'Alsace. Pour l'un d'entre eux, la fusion consiste à "prendre les régions qui sont les plus pauvres et les régions qui sont les plus riches" pour "mélanger tout cet argent et le redispatcher. C'est un cache-misère, ça ne résoudra aucun problème."

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Tensions politiques autour de la manifestation

Plusieurs élus alsaciens, dont le président du conseil régional Philippe Richert (UMP), se sont exprimés publiquement lors de la manifestation. L'Alsace s'était résignée à l'idée de fusionner avec la Lorraine. Mais la proposition des députés le 23 juillet de rajouter la Champagne-Ardenne a incité la droite et le centre alsacien à s'opposer désormais à toute fusion.

De son côté, la gauche alsacienne, qui continue de plaider pour une union avec la seule Lorraine, a dénoncé une manifestation partisane. Elle a vivement critiqué la décision du conseil régional de proposer des billets de train TER au tarif préférentiel de 5 euros l'aller-retour pour inciter les non-Strasbourgeois à venir au rassemblement.

La gauche alsacienne s'inquiète également d'une montée d'un sentiment identitaire : car la manifestation est aussi soutenue par le FN, le mouvement d'extrême droite "Alsace d'abord" et le parti régionaliste "Unser Land" (Notre pays), qui ont annoncé leur présence.