La Bretagne sera-t-elle la grande perdante de la fusion des régions ?

Ségolène Royal envisage une fusion de la région Poitou-Charentes, qu'elle a longtemps présidée, et de la région Pays de la Loire. Ce qui empêcherait le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, espéré par les Bretons.

Un homme tient une pancarte pour réclamer le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne, le 13 mai 2014 à Nantes (Loire-Atlantique).
Un homme tient une pancarte pour réclamer le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne, le 13 mai 2014 à Nantes (Loire-Atlantique). (DAMIEN MEYER / AFP)
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Violaine JaussentFrance Télévisions

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"Réunification" : c'était le mot scandé par les manifestants qui réclamaient, le 19 avril, le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, dans le cadre de la réforme territoriale annoncée par l'exécutif. Mais un projet de fusion de régions, envisagé par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, et dévoilé mardi 20 mai, pourrait anéantir leurs espoirs.

Avec ce projet, la Bretagne resterait telle quelle. Une mauvaise nouvelle pour cette région, attachée à son identité ?

Oui, si les régions autour de la Bretagne fusionnent

Le projet de fusion de Poitou-Charentes, que Ségolène Royal a longtemps présidée, et des Pays de la Loire a été annoncé par cette dernière région. Il a été décidé en concertation avec les présidents socialistes des deux régions. S'il était mené à bout, il sonnerait le glas au projet de rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, envisagé dans une carte dévoilée dans Challenges le 11 avril.

Or, pour certains Bretons, comme le porte-parole des "Bonnets rouges", Christian Troadec, rattacher la Loire-Atlantique à la Bretagne serait une "réparation historique". C'est en effet le maréchal Pétain qui a séparé Rennes de Nantes en 1941. Aujourd'hui encore, près de deux habitants de Loire-Atlantique sur trois se déclarent favorables au rattachement, selon une étude LH2 publiée en mars dans le quotidien local Presse Océan.

Sans la Loire-Atlantique, la Bretagne se prive aussi d'une partie du littoral, qu'elle ne peut espérer gagner du côté de la Normandie. En effet, la fusion de la Haute et de la Basse-Normandie est un exemple très cité pour parler de la fusion des régions. D'autant plus que les habitants y sont favorables.

Non, car la Bretagne actuelle éviterait ainsi une guerre des capitales

Toutefois, si les régions Poitou-Charentes et Pays de la Loire fusionnent, la Bretagne ne gagnera rien, mais ne perdra rien non plus. Elle évite aussi une guerre fratricide entre Rennes et Nantes, deux villes qui auraient pu se disputer la tête de la région en cas de rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Par ailleurs, Ouest-France précise que la région Pays de la Loire discute également de fusion avec la Bretagne... Le rapprochement entre les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes est donc loin d'être acté.

Une chose est sûre : le sentiment d'appartenance des Bretons à leur région reste fort. Aujourd'hui, sans la Loire-Atlantique, les Bretons se sentent davantage liés à leur région que la moyenne des Français (83% contre 73%), selon un sondage LH2 pour la presse régionale et France bleu paru le 9 avril.