Sept fois où Martine Aubry a taclé le gouvernement

La maire socialiste de Lille a cosigné un violent réquisitoire contre la politique menée par Valls et Hollande, mercredi, dans "Le Monde".

Martine Aubry, maire PS de Lille, à Lille (Nord), le 18 septembre 2015.
Martine Aubry, maire PS de Lille, à Lille (Nord), le 18 septembre 2015. (THIERRY THOREL / CITIZENSIDE.COM)

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"Trop, c'est trop !" Martine Aubry cosigne, mercredi 24 février, une tribune contre la politique menée depuis deux ans par le gouvernement. Cette charge contre l'exécutif n'est pas la première venue de la maire de Lille (Nord). L'ancienne patronne du PS a déjà fait savoir à de nombreuses reprises qu'elle était en désaccord avec François Hollande et Manuel Valls. Francetv info revient sur ses prises de positions (parfois violentes) contre le gouvernement.

1Sur la politique du gouvernement

Le premier coup de colère de l'ancienne numéro un de la rue de Solférino date du 27 août 2013. "Si justes et efficaces qu'elles soient, aucune des lois votées, aucune des mesures prises ne sera suffisante si l'avenir n'est pas rendu plus visible et surtout plus désirable", écrit-elle, déjà dans une tribune au Monde. Et si elle affirme être "pleinement solidiaire du gouvernement qui, avec courage, s'attelle au redressement du pays", selon elle, "l'heure n'est plus au rafistolage".

2Contre la fusion des régions

"Si depuis deux ans dans tous les domaines on avait eu une grande vision et une méthode, on aurait eu un peu moins de problèmes", déclare Martine Aubry, le 18 juillet 2014, lors d'une conférence de presse. La socialiste fustige entre autres la réforme territoriale et notamment la fusion du Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie, qu'elle qualifie alors d'"aberration économique et sociale". "Il n'est pas trop tard pour réussir la réforme de la décentralisation et cette réforme sur les régions", dit-elle encore.

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THIERRY CURTET / FRANCE 2

3Sur l'encadrement des loyers

"Le Premier Ministre a annoncé que cet encadrement des loyers serait appliqué à titre expérimental à la seule ville de Paris. Mais Paris n'est pas la seule ville de France à avoir besoin d'une régulation de ses loyers", écrit Martine Aubry dans un communiqué, publié le 30 août 2014 en pleine université d'été du PS. Le Premier ministre Manuel Valls vient alors d'assouplir le dispositif prévu dans la loi Alur pour réserver la limitation des loyers à la seule capitale.

4Contre le travail du dimanche

"C'est la négation de ce que je dois penser comme femme politique de gauche. Jamais le fait d'ouvrir sept jours sur sept n'a ramené de pouvoir d'achat", regrette-t-elle le 3 octobre 2014 lors de sa conférence de presse de rentrée alors que le travail du dimanche est au cœur des débats. 

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FRANCE 3

Quelques jours plus tard, l'ancienne ministre du Travail enfonce le clou dans un entretien au Journal du Dimanche, le 19 octobre. "Nous avions prévu qu'à mi-mandat, la croissance serait revenue, le chômage en repli et les déficits réduits en deçà de 3%. Ce n'est pas le cas, explique-t-elle. Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage des politiques économiques qui permettra de sortir la France de la crise. Et puis, il nous faut refaire de la politique. Je demande qu'on réoriente la politique économique."

5Contre Emmanuel Macron

"Macron... Comment vous dire ? Ras-le-bol ! Ras-le-bol, voilà !" s'emporte Martine Aubry le 23 septembre 2015. La maire de Lille réagit lors de sa conférence de presse de rentrée aux déclarations d'Emmanuel Macron, qui avait semblé remettre en cause le statut des fonctionnaires. "Je supporte de moins en moins à la fois l'arrogance, notamment sur les fonctionnaires, dit-elle. C'est une ignorance de ce que vivent les gens aujourd'hui, et il y a un moment où ce n'est plus supportable. (...) Qu'il s'occupe de son ministère, ce serait déjà très bien !" 

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6Contre la déchéance de nationalité 

"J'ai toujours été contre. J'entends dire : 'C'est un symbole'. Un symbole de quoi ? (...) En l'occurrence, la déchéance de nationalité, elle divise, elle stigmatise, elle porte atteinte à un élément majeur d'égalité devant le droit du sol, qui est un des fondements de la République française", déclare la marie de Lille lors de ses vœux à la presse le 14 janvier 2016. Martine Aubry n'est pas la seule à gauche à monter au créneau contre la déchéance de nationalité. Jean-Marc Ayrault, désormais ministre des Affaires étrangères, fait lui aussi part de son mécontentement.

7A propos de la réforme du Code du travail

"Ce n'est plus simplement l'échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien évidemment de la gauche, s'il n'est pas mis un coup d'arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés", écrivent avec Martine Aubry les signataires d'une tribune dans Le Monde, mercredi 24 février 2016. A ses côtés, Benoît Hamon, Yannick Jadot ou encore Axel Kahn s'en prennent à la politique du gouvernement, quelques jours après qu'il a dévoilé les grandes lignes du projet de loi de réforme du Code du travail. Mais les critiques vont plus loin : sont également visés le pacte de compétitivité, la gestion du dossier des migrants et la réforme constitutionnelle.