Primaire de la gauche : cinq choses que vous ignorez peut-être sur François de Rugy

Peu connu du grand public, le député écologiste de Loire-Atlantique va tenter, à 43 ans, de se faire un nom en participant à la primaire de la gauche.

Le député François de Rugy à l\'Assemblée nationale, le 24 septembre 2014.
Le député François de Rugy à l'Assemblée nationale, le 24 septembre 2014. (DENIS ALLARD / REA)
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Ilan CaroFrance Télévisions

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Pendant tout le quinquennat de François Hollande, il s'est efforcé d'être un écologiste "légitimiste", soutenant le chef de l'Etat. Par fidélité à ses convictions profondes, selon certains ; par opportunisme, pour d'autres. Mais en dépit de ses efforts, François de Rugy n'est pas parvenu à se faire une place au gouvernement. Relativement peu connu du grand public, le député de Loire-Atlantique va tenter, à 43 ans, de se faire un nom en participant à la primaire de la gauche. Pour faire mieux connaissance avec celui qui a claqué la porte d'Europe Ecologie-Les Verts à l'été 2015, franceinfo a relevé cinq anecdotes qui jalonnent sa vie politique ou personnelle.

>> L'article à lire pour comprendre la primaire de la gauche

Il n'a d'aristocrate que le nom (et quelques ancêtres)

Son véritable nom, c'est François Goullet de Rugy. Une particule qu'il doit à une partie de ses ancêtres, une vieille famille aristocrate lorraine. Une famille qui, au fil des générations, a perdu sa fortune. La mort du grand-père paternel, pilote d'avion tué au combat en 1942, a d'ailleurs plongé les Goullet de Rugy dans le dénuement, nous apprend Libération dans un portrait réalisé en 2010. François de Rugy n'a donc jamais mené le train de vie d'un aristocrate fortuné. "Je suis fils de fonctionnaires et je n'ai pas d'héritage. Mon patrimoine, c'est moi qui l'ai forgé grâce à mes salaires !" assure-t-il à Slate.

Je n'ai jamais hérité ni d'un château ni d'un mandat.

François de Rugy

au "Monde", en septembre 2012

En fait, François de Rugy est le fils de deux enseignants qui, jadis, ont soutenu Michel Rocard puis René Dumont (qui fut en 1974 le premier candidat écologiste à une élection présidentielle). "Ils lui ont transmis la fibre écolo 'tendance PSU'", écrivait Libération en 2015.

Il a déjà adhéré à trois partis écologistes différents

Entre François de Rugy et l'écologie politique, c'est une longue histoire d'amour et de ruptures. Son premier choix, en 1991, se porte sur Génération écologie, le parti de Brice Lalonde, qu'il juge alors plus "cohérent" qu'Antoine Waechter, qui dirige alors Les Verts. Déçu par la décision de Génération écologie de refuser les alliances avec la gauche, il quitte le parti en 1994, en même temps que d'autres, comme Noël Mamère ou Harlem Désir.

Trois ans plus tard, c'est chez Les Verts que François de Rugy adhère, exerçant en parallèle le poste d'assistant parlementaire du groupe écolo à l'Assemblée. Une formation qui lui permet de se faire élire conseiller municipal à Nantes, la ville de Jean-Marc Ayrault, qui fera de lui son adjoint aux transports en 2001. Elu député en 2007 puis réélu en 2012 à la faveur d'un accord électoral avec le PS, il s'est toujours placé dans le camp des pragmatiques et des réformistes au sein de son parti.

En désaccord avec la "dérive gauchiste" des Verts, trop critiques à l'égard du quinquennat de François Hollande, François de Rugy prend le large en août 2015, pour fonder son propre parti (Ecologistes ! depuis rebaptisé Le Parti écologiste) et il adhère à la Belle alliance populaire créée sous l'impulsion du PS. C'est à ce titre qu'il est qualifié pour concourir à la primaire de la gauche, les 22 et 29 janvier.

Il admire François Mitterrand

Un écologiste fan de François Mitterrand ? C'est possible. Son compte Twitter, qu'il alimente assidûment, est truffé de références à l'ancien chef de l'Etat socialiste. Derrière manifestation de sympathie en date : le 6 janvier, jour du 21e anniversaire de la mort de Mitterrand, François de Rugy s'est rendu à Jarnac (Charente), pour déposer une rose sur la tombe du président défunt.

Féru de biographies politiques, il avale, avec plus d'intérêt que les autres, celles consacrées à François Mitterrand. Lors de la disparition de Jean Lacouture, biographe de l'ancien président, il exprimait ainsi sa "tristesse".

Et lorsqu'en 2013, l'élue socialiste Marie-Pierre de la Gontrie s'étonne sur Twitter que le député de Loire-Atlantique cite François Mitterrand, l'intéressé lui répond : "C'est parce qu'on ne se connaît pas."

Il fut l'un des premiers à dévoiler ses revenus et son patrimoine

François de Rugy a toujours accordé une grande importance à la transparence de la vie politique. Une rigueur qu'il s'est très tôt imposée à lui-même, bien avant que la loi n'oblige les parlementaires à déclarer leurs revenus et leur patrimoine. Jeune député élu deux ans plus tôt, il poste sur son site, dès 2009, le montant de ses indemnités de député, d'élu local, de ses rémunérations d'administrateur de sociétés d'économie mixte, et de ce qu'il reverse à son parti d'alors, EELV. "Tout est sur la table, clairement", souligne-t-il, regrettant qu'en la matière, "les chiffres qui circulent" soient "souvent manipulés".

En 2013, alors que l'affaire Cahuzac jette l'opprobre sur la classe politique dans son ensemble, députés et sénateurs décident de ne pas rendre accessibles sur internet leurs déclarations de patrimoine (seulement consultables en préfecture). François de Rugy (comme les autres parlementaires EELV) choisit au contraire la transparence totale en publiant sa déclaration de patrimoine. Celle-ci figure toujours sur la page retraçant sa biographie, sur son site internet.

Il a provoqué une polémique entre Sarkozy et Zapatero

L'affaire remonte au 15 avril 2009. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy convie à l'Elysée une vingtaine de parlementaires de tous bords pour discuter de la crise financière. Mais au détour de la conversation, les convives évoquent le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero, vainqueur des élections en 2004 et 2008. "Il n'est peut-être pas très intelligent. Moi j'en connais qui étaient très intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle", lâche Nicolas Sarkozy.

Les propos du chef de l'Etat auraient pu rester dans le secret des salons feutrés de l'Elysée si quelques parlementaires, dont François de Rugy, n'avaient pas vendu la mèche au journal Libération. La phrase rapportée de Nicolas Sarkozy provoque une vive polémique, les médias se perdent en interprétations et Ségolène Royal en rajoute en présentant les excuses de la France au dirigeant espagnol pour ces "propos injurieux". Malgré la tourmente, François de Rugy tient bon : "Après relecture, je peux confirmer que rien de ce qui est dit dans cet article n'est faux", écrit-il sur son blog.