Malgré la baisse des charges, le patronat ne veut pas s'engager sur les créations d'emplois

Le patronat le réclamait depuis longtemps, François Hollande a promis une baisse des charges pour les entreprises. Sauf que désormais, la question des contreparties en terme d'emplois fait débat.

Un membre du Medef arbore un pin's "1 million d'emplois", lors d'une conférence de presse de l'organisation patronale à Marcq-en-Baroeul (Nord), le 13 janvier 2014.
Un membre du Medef arbore un pin's "1 million d'emplois", lors d'une conférence de presse de l'organisation patronale à Marcq-en-Baroeul (Nord), le 13 janvier 2014. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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La demande a été sans cesse renouvelée par le patronat : baisser les charges pour diminuer le coût du travail en France et ainsi lutter contre le chômage.

François Hollande a fait sa proposition, sous la forme d'un "pacte de responsabilité" à destinations des entreprises. Des allégements de charges et, en contrepartie, des efforts sur la création d'emplois. Sauf qu'à l'heure des vœux du président aux acteurs de l'économie et de l'emploi, mardi 21 janvier, le patronat refuse désormais de s'engager sur un objectif chiffré.

Avant : un objectif d'un million d'emplois

Dès octobre 2013, Pierre Gattaz, président du Medef, s'est fixé comme objectif la création d'un million d'emplois en cinq ans, à condition que le gouvernement facilite la tâche aux entreprises. "Nous avons besoin de conditions fiscales, sociales, réglementaires qui doivent aller dans le sens de cette création d'emplois", affirmait-il alors sur RTL.

Sitôt élu patron des patrons en juillet 2013, Pierre Gattaz avait dévoilé ses exigences : une baisse de 100 milliards d'euros en cinq ans des charges et des impôts sur les entreprises, rappelle Le Figaro. Des sociétés qu'il jugeait alors "asphyxiées, ligotées et terrorisées".

Dès le 1er janvier, le Medef s'était réjoui de la proposition de François Hollande sur la baisse des charges lors de ses vœux pour la nouvelle année. "Nous jouons le jeu, nous voulons contribuer à ce pacte de responsabilité", insistait Pierre Gattaz le 13 janvier, à la veille de la conférence de presse du président.

Maintenant : "pas d'engagement ferme"

François Hollande a précisé les contours de son pacte de responsabilité en conférence de presse, le 14 janvier. Le président a notamment annoncé la fin des cotisations familiales pour les entreprises, pour permettre un allégement de charges de 30 à 35 milliards d'euros d'ici 2017. Un discours salué par le Medef, malgré un montant inférieur à ses exigences. 

Sauf que désormais, pas question pour le patronat de s'engager sur un objectif chiffré. "Le compte n'y est pas", estime Pierre Gattaz, invité de France 2 mardi 21 janvier. Le président du Medef se refuse à une contrepartie en terme d'emplois : "C'est un objectif, un million d'emplois, ce n'est pas un engagement ferme."

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Une ligne partagée par Jean-François Roubaud, le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). "Nous sommes incapables de nous engager sur des créations d'emplois, a-t-il estimé sur BFM Business. Les PME n'emploient que quand les carnets de commandes augmentent. Il n'y a pas de rapport direct entre baisse des charges et emploi." Alléger les cotisations ne serait donc pas une solution miracle.