Notre-Dame-des-Landes : trois questions pour comprendre pourquoi les tensions persistent

Les opposants se mobilisent depuis plusieurs jours à Nantes et dans toute la France contre l'expulsion, cruciale pour le projet, des habitants historiques de la zone où doit être construit l'aéroport.

Un opposant a la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes brandit un panneau : "la terre pour nourrir", le 13 octobre 2015 à Nantes.
Un opposant a la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes brandit un panneau : "la terre pour nourrir", le 13 octobre 2015 à Nantes. (LOIC VENANCE / AFP)

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La mobilisation ne faiblit pas contre le projet de Notre-Dame-des-Landes. Plus d'un millier d'opposants ont manifesté, mercredi 13 janvier, à Nantes alors que se tenait une audience devant décider de l'expulsion ou non des habitants historiques de la zone où doit être construit l'aéroport. 

Retour en trois questions sur ce dernier épisode d'une lutte qui dure depuis des années :

Quel est l'enjeu de cette audience ?

Onze familles sont assignées devant le juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de Nantes, statuant en référé (procédure d'urgence). Il s'agit d'anciens propriétaires ou locataires de maisons rétrocédées à Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci et concessionnaire du site, et de quatre exploitants agricoles qui ont refusé de vendre leurs terres à l'amiable.

La société réclame leur expulsion immédiate, assortie d'une astreinte journalière de 200 à 1.000 euros et d'une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels. A l'inverse, 244 autres personnes qui vivaient sur le site ont accepté, depuis 2008, date de déclaration d'utilité publique du projet, de partir à l'amiable, rappellent les partisans de l'aéroport.

Les quatre exploitations agricoles menacées d'expulsion représentent 500 hectares sur les 1 650 de la Zone d'aménagement différée (ZAD) créée pour le projet, rebaptisée "Zone à défendre" par les opposants au projet d'aéroport. 

Le juge a indiqué que sa décision était mise en délibéré au 25 janvier.

Mais où en est le projet ?

Fin 2015, l'Etat a décidé la reprise des travaux du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, interrompus à l’automne 2012. Un appel d’offres, dont la date limite de réponse était fixé au 23 novembre, a été publié dans le journal officiel pour "des travaux de débroussaillage de la desserte routière de l’aéroport, qui devront être mis en œuvre à partir de 2016 ", expliquent Les Echos,

Le 20 octobre, le tribunal de grande instance (TGI) de Nantes a autorisé Aéroports du Grand Ouest (AGO) filiale du groupe Vinci et concessionnaire de l’Etat, à exproprier les résidents de la zone sur laquelle doit être construit l’aéroport. Comme ils ont refusé de déménager,  la filiale de Vinci a recouru à la justice.

Pourquoi la mobilisation persiste-t-elle ?

Cette expulsion est le principal obstacle avant la reprise des travaux souhaités par l'État. Mais, quelle que soit la décision judiciaire, elle ne mettra pas fin au combat politique.

Les opposants (notamment écologistes) accusent François Hollande d'avoir "trahi" son engagement, pris en 2012, de geler les expulsions tant que les recours déposés contre le projet n'avaient pas été épuisés. Ce qui inclut, selon eux, les procédures d'appel.

La secrétaire nationale d'EELV Emma Cosse est à nouveau montée au créneau mercredi 13 janvier pour réclamer "l'arrêt définitif" de ce projet qu'elle juge inutile et "nocif" sur le plan environnemental. A la sortie du conseil des ministres, mercredi 13 décembre, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a estimé :  "Ce n'est pas par la force que l'on réglera le dossier".


Notre-Dame-des-Landes : le combat perdure